La Grèce réussit la première étape de son retour sur les marchés
L’accueil réservé à Piraeus Bank sur le marché primaire avec une émission de 500 millions d’euros à 3 ans suscite les espoirs de l’Etat grec
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Patrick Aussannaire
La Grèce cherche à profiter de l’appétit retrouvé des investisseurs internationaux pour la dette des pays périphériques de la zone euro afin de signer son grand retour sur les marchés. Piraeus Bank, la plus importante banque du pays, pourtant notée à un niveau de Caa1 par Moody’s et de CCC par S&P, a montré la voie hier en émettant 500 millions d’euros de dette senior non sécurisée à 3 ans.
Avec le soutien de BNP Paribas, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs et HSBC, Piraeus Bank est ainsi de la première banque grecque à revenir sur le marché depuis 2009. Soutenues par une forte demande de la part des investisseurs, les obligations ont proposé un rendement plus faible que prévu de 5%, contre un objectif initial compris entre 5,25% et 5,5%. Elles offrent néanmoins aux investisseurs un spread contre le taux de référence mid-swap de 452 pp.
En début de mois, la banque centrale grecque estimait les besoins supplémentaires en capitaux propres des prêteurs locaux à 6,38 milliards d’euros, dont 2,18 milliards pour National Bank of Greece, 2,95 milliards pour Eurobank Ergasias, et 425 millions pour Piraeus Bank. Cette dernière avait alors précisé qu’elle préparait une émission d’actions nouvelles de 1,75 milliard d’euros destinés à rembourser 750 millions d’actions préférentielles et à renforcer ses capitaux propres.
L'émission fait écho aux propos du ministre grec des infrastructures, Michalis Chrisochoides, qui a indiqué hier que «le pays reviendra sur les marchés, avec un niveau de taux d’intérêt légèrement élevé». Après six mois d’âpres négociations portant sur les nouvelles économies budgétaires à engager par le pays, la Troïka a accepté hier le versement d’une nouvelle tranche de prêts à Athènes de 10 milliards d’euros. Versée fin avril, elle lui permettra d’honorer ses 9,3 milliards d’euros de tombées en mai.
Les obligations grecques ont offert une performance totale de 18% depuis le début de l’année, contre 10% et 5,3% pour les obligations portugaises et espagnoles, selon l’indice Bloomberg. Hier, le taux grec à 10 ans chutait de 21 pb pour revenir à 6,69%, soit une baisse de 172 pb depuis fin janvier, alors que le taux portugais se détendait de 9 pb à 4,40% (-149 pb cette année). Les spreads grecs et portugais contre le Bund allemand se sont resserrés de respectivement 110 pb et 116 pb depuis janvier.
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