La Grèce resserre le verrou fiscal pour tenter d'éloigner toute rumeur de défaut
Athènes collectera via les factures d'électricité un nouvel impôt sur l’immobilier. Berlin ne considère plus le défaut comme un sujet tabou
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Antoine Duroyon
Malgré un horizon conjoncturel assombri, avec une récession de plus 5% attendue cette année contre une estimation de 3,8% en mai, le gouvernement grec s’efforce de maintenir un ton volontariste. Même si les pays du G7, réunis vendredi à Marseille (lire page 2), n’ont rien livré de consistant pour satisfaire le sort d’Athènes, le Premier ministre George Papandréou s’est dit résolu à prendre toutes les mesures nécessaires. En écho à cette déclaration, le ministre des Finances a dévoilé hier deux nouvelles dispositions d’urgence censées combler un trou dans le budget 2011.
Le gouvernement va ainsi collecter pendant deux ans via les factures d'électricité une taxe annuelle sur les biens immobiliers. «C’est la seule mesure qui puisse être mise en oeuvre immédiatement et produire des résultats rapides car elle ne dépend pas du mécanisme de collecte des recettes fiscales», a défendu Evangelos Venizelos, en déplacement à Thessalonique. Elle devrait représenter pour les citoyens un coût moyen de quatre euros par mètre carré et générer, combinée aux autres mesures de réforme du secteur public annoncées la semaine dernière, plus de deux milliards d’euros. Autre mesure entérinée ce week-end, plus symbolique cette fois, le salaire de l’ensemble des responsables politiques élus sera amputé d’un mois.
A quelques jours du retour en Grèce des inspecteurs de la troïka (UE, FMI, BCE), chargés d'évaluer le travail entrepris par Athènes, George Papandréou a également a assuré que la priorité du gouvernement était de «sauver le pays de la faillite». Les rumeurs d’un éventuel défaut ont couru tout le week-end. Selon Der Spiegel, Berlin étudierait l’impact potentiel d’un défaut de la Grèce, échafaudant plusieurs scénarios dont l’abandon de l’euro par Athènes. Hier, le ministre de l’Economie et chef de file des libéraux du FDP enfonçait le clou. «Pour stabiliser l’euro, il ne peut plus y avoir de tabous. Cela doit inclure, si besoin, une faillite bien ordonnée de la Grèce si les instruments nécessaires sont disponibles», a assené Philipp Rösler dans une tribune publiée par Die Welt. Il a également demandé à ce que des sanctions automatiques soient imposées aux pays endettés n’ayant pas honoré leurs engagements.
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