La Grèce redevient l'épicentre des craintes au sein de la zone euro

Le taux grec à 10 ans continuait de se tendre hier de plus de 100 pb pour atteindre 8,7%, malgré des mesures de soutien annoncées par la BCE.
Patrick Aussannaire

La Grèce semble avoir crié victoire trop tôt. Malgré les tentatives d’apaisement, le mouvement de correction sur les obligations grecques s’est poursuivi hier à plus de 100 pb à 8,66% sur la partie 10 ans, soit une hausse cumulée de 182 pb sur les deux dernières séances et de 318 pb depuis son point bas de 5,48% atteint début septembre. Le spread contre le Bund allemand, qui se maintenait hier quant à lui sur ses plus bas niveaux historiques de 0,75%, a ainsi atteint 791 pb, au plus haut depuis septembre 2013.

Dans ce contexte, la BCE a indiqué hier qu’elle allait réduire la décote appliquée aux obligations d’Etat grecques et à d’autres titres présentés en garantie pour un financement bancaire. L’autorité a néanmoins tenu à préciser qu’«il ne faut pas voir en cette décision une réaction ad hoc aux plus récentes turbulences des marchés» mais un signe «de l’amélioration des conditions de marché de ces actifs au cours de l’année écoulée». Une mesure qui assurerait aux banques grecques l’accès à 12 milliards d’euros de liquidités supplémentaires, selon la banque centrale grecque.

L’évocation par Athènes d’une sortie du plan d’aide international à l’issue des discussions menées le week-end dernier avec le FMI, même avec une ligne de précaution, avait fait réagir le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijssebloem, qui jugeait ce projet prématuré. Hier, le porte-parole de la Commission européenne, Simon O’Connor, a assuré que Bruxelles fera «en sorte d’assurer une évolution en douceur du soutien à la Grèce après la fin du programme en cours».

Si le premier ministre grec a réussi le vote de confiance, sa majorité de 156 sièges reste trop courte pour emporter les 180 sièges nécessaires qui permettraient d’éviter une dissolution du parlement et l’organisation d’élections anticipées. Athènes a présenté son budget 2015 qui table sur une croissance de 0,6% cette année, et de 2,9% en 2015. Ce qui lui permettra à la fois de dégager un excédent primaire de 2,9% du PIB l’an prochain, en ligne avec les 3% exigés par la Troïka, et de réduire sa dette de 175% du PIB fin 2014 à 168% fin 2015.

Un programme jugé «optimiste» par RBS d’autant qu’il prévoit des baisses d’impôts que le gouvernement comptait financer par un recours aux marchés de 9 à 12 milliards d’euros sur fond d’amélioration de ses conditions de financement. Or, le lancement d’une nouvelle obligation de référence à 7 ans pourrait déjà être repoussé suite à la correction récente, selon la presse grecque.

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