La Grèce joue son sauvetage sur le succès de son rachat de dette
Athènes s’apprête à lancer sa deuxième restructuration de dette de l’année. Les banques Deutsche Bank et Morgan Stanley sont censées publier dès aujourd’hui les termes des enchères inversées qui permettront à la Grèce de racheter ses emprunts d’Etat encore aux mains de créanciers privés. L’opération doit être réalisée avant le 13 décembre pour que la Troïka débloque les tranches d’aide de 44 milliards d’euros promises à la Grèce. Toute la question est de savoir si l’offre connaîtra le même succès que le private sector involvement (PSI) de mars 2012. L’Eurogroupe, avec l’appui du FMI, en évaluera les résultats lors d’une réunion 10 décembre, selon la presse grecque.
La valeur nominale des obligations grecques reçues lors du PSI est de 62 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter un peu plus de 6 milliards de titres de droit britannique qui n’avaient pas été concernés par l’échange. En mars, la Grèce avait été capable de forcer le destin grâce à l’inclusion de clauses d’action collective dans sa dette, qui était de droit grec. Mais les nouveaux titres issus du PSI ont été émis sous droit britannique pour éviter une nouvelle manœuvre de ce type.
La Grèce devrait utiliser environ 10 milliards d’euros, sans doute prêtés par le Fonds européen de stabilité, pour racheter sa dette. Le prix proposé pourrait varier selon les souches et ne dépassera pas les niveaux du 23 novembre. A 35% du pair sur toutes les lignes, la somme permettrait de reprendre jusqu'à 28,6 milliards, pour une réduction nette de dette de 18,6 milliards.
«Les investisseurs qui ont acheté les titres au plus bas aux deuxième ou troisième trimestres seront tentés de vendre avec une prime aujourd’hui alors que ceux qui ont participé au PSI et ont déjà pris leurs pertes pourraient attendre un retour à meilleure fortune», estiment les stratégistes de BNP Paribas.
Environ 22 à 24 milliards de dette sont détenus par les investisseurs grecs, banques en tête. Celles-ci cherchent à négocier des contreparties à leur participation, mais elles n’ont guère le choix: l’offre doit réussir pour qu’Athènes touche les fonds nécessaires à leur recapitalisation.
D’autres créanciers, comme la structure de défaisance allemande FMS (2,6 milliards de titres grecs en valeur nominale) ou Dexia (819 millions), sont proches des Etats, qui ont intérêt à la réussite du plan. Chez les banques françaises, toutes ont déjà vendu les titres hérités du PSI, hormis BNP Paribas qui en a gardé 0,2 milliard fin septembre.
Plus d'articles du même thème
-
Amundi met au place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
La société de gestion du Crédit Agricole a repositionné notamment son ETF sur la technologie disruptive pour exploiter la thématique des puces mémoire. -
Jupiter AM replonge dans la décollecte au deuxième trimestre
Le gestionnaire d’actifs britannique affiche tout de même une collecte nette positive de 700 millions de livres sterling au premier semestre 2026, grâce aux trois premiers mois de l’année. -
Nestlé s'appuie sur Platinum Equity pour revivifier ses eaux embouteillées
Le gérant californien prend 50 % de Peranel, coentreprise valorisée 4,9 milliards d'euros regroupant des marques telles que Perrier, San Pellegrino et Acqua Panna. Nestlé encaissera environ 3 milliards. -
La BCE préfère temporiser avant une éventuelle nouvelle hausse de taux en septembre
La banque centrale laisse son principal taux directeur à 2,25% en dépit du récent rebond du prix du pétrole. -
L'Europe inflige pour près de 900 millions d'euros d'amendes à Google
Il s'agit des premières sanctions infligées au groupe américain par la Commission dans le cadre du Règlement sur les marchés numériques. -
Segro accepte de soutenir la dernière offre de rachat de Prologis
L’entreprise de logistique britannique a finalement accepté la quatrième offre de reprise de son concurrent américain Prologis pour 14 milliards de livres.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
HistoriqueAtteintes à la concurrence : l’Union européenne inflige 890 millions d’euros d’amendes à Google
Google est de nouveau sanctionné par Bruxelles pour des pratiques anticoncurrentielles, accusé de favoriser ses propres produits au détriment de leurs rivaux sur son propre moteur de recherche -
« Arrêtez les camions » : aux États-Unis, les restaurants Taco Bell dépassés par une épidémie de « diarrhée explosive »
Plus de 1 600 personnes ont été contaminées en quelques semaines par la cyclosporose. L’épidémie est partie de la salade servie dans les fast-foods Taco Bell. -
+ 40 % dans l’UE, + 63 % en France : le boom des voitures électriques au premier semestre
Selon l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), les voitures électriques représentent 20,7 % des nouvelles immatriculations, contre 15,6 % l’an passé