La Grèce joue les équilibristes vis-à-vis du FMI
La Grèce peut-elle faire défaut sur les prêts du FMI ? Dévastatrices sur le plan diplomatique, les conséquences d’une telle décision sont plus délicates à estimer sur le strict plan financier. Même S&P, en dégradant la note du pays à CCC+ le 15 avril, a souligné qu’un paiement manqué auprès d’un créancier officiel ne constituerait pas un défaut du pays.
Athènes, peu susceptible de trouver un accord avec ses partenaires européens le 24 avril, doit rembourser 200 millions d’euros au FMI le 1er mai et 760 millions le 12 mai. Si la Grèce manque son premier versement la semaine prochaine, la situation restera inchangée pendant un mois. Ce n’est qu’au bout de 30 jours que la directrice générale du Fonds monétaire, Christine Lagarde, devra notifier à son conseil l’existence d’un retard de paiement. Un tel cas n’est pas si rare: le FMI porte à son bilan l’équivalent de 1,6 milliard d’euros d’arriérés de paiement, même si en tant que créancier super senior, il a toujours été remboursé par les pays qu’il finance.
La notification de l’arriéré de paiement au conseil d’administration du FMI pourrait alors mettre en défaut la Grèce vis-à-vis du Fonds européen de stabilité financière. Le cas est prévu dans l’accord-cadre signé en décembre 2012 entre Athènes et le FESF, instrument du soutien européen. Le texte laisse cependant la main au fonds. Le FESF «peut», sans obligation, déclarer la Grèce en défaut sur les prêts européens.
Cette décision aurait à son tour des conséquences sur le marché obligataire privé. Les titres émis par la Grèce lors de la restructuration de dette de 2012 sont de droit britannique, et comportent des clauses de défaut croisé (cross-default). Si le pays était déclaré en défaut vis-à-vis du FESF, il le serait également sur ses obligations aux mains des investisseurs privés. Le cas des obligations encore détenues par la BCE est en revanche moins clair.
Le choix d’une institution européenne comme le FESF, au plus tôt le 31 mai, serait évidemment de nature politique. Avant cela, des pressions pourraient aussi s’exercer sur la BCE pour qu’elle retire l’aide d’urgence (ELA) aux banques grecques. «Nous ne croyons pas que la BCE soit forcée de retirer l’ELA dans l’hypothèse d’un défaut de l’Etat grec sur sa dette auprès des créanciers officiels», tempère Malcolm Barr, économiste chez JPMorgan.
Les règles encadrant les lignes d’urgence sont assez vagues pour laisser le temps aux politiques d’arracher un accord.
Plus d'articles du même thème
-
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement. -
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Axiom AI doit parer aux aléas de toute fusion
Contenu de nos partenaires
-
En cas de poursuite du blocus américain, l'Iran menace d'une riposte
Plus tôt, samedi 25 avril, le porte-parole du ministère iranien de la Défense a estimé que les Etats-Unis « cherchent un moyen de sauver la face pour sortir du bourbier de la guerre dans lequel il s’est enlisé ». Et ce alors qu’une possible reprise des pourparlers entre les deux parties se profile -
Carburant : Macron se veut rassurant sur l’absence de pénurie en France
« Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée », a indiqué le président de la République, appelant à éviter la panique sur le sujet -
Mali : des combats entre l'armée et des « groupes terroristes » à Bamako et dans plusieurs villes
Samedi 25 avril, des combats ont lieu dans la capitale du pays, Bamako, ainsi que dans plusieurs villes (Kidal, Gao, Sévaré), entre des soldats et des « groupes terroristes non encore identifiés ». La situation serait « sous contrôle », selon les Forces armées maliennes