La Grèce entend profiter de la montée des aspirations de croissance en Europe

Alexis Tsipras, le dirigeant de la gauche radicale, indique ne pas vouloir sortir de l’euro mais entend imposer un «plan national de croissance»
Patrick Aussannaire

Qu’il n’y ait aucun doute, mon parti – Syriza – est engagé à maintenir la Grèce au sein de la zone euro». Tel est le message envoyé par Alexis Tsipras, le dirigeant de la gauche radicale grecque dans une tribune publiée par le Financial Times, à quelques jours seulement d’un scrutin crucial. Et de s’appuyer sur le nouveau président français, François Hollande qui a fait de la croissance européenne l’épine dorsale de son mandat, ainsi que sur de récentes déclarations du président américain Barack Obama en faveur d’un plan de relance. «Le besoin de donner à la Grèce une chance de croissance réelle et un nouvel avenir est aujourd’hui plus largement accepté que jamais» indique Alexis Tsipras.

Et le dirigeant de vouloir substituer les mesures d’austérité imposées par les bailleurs de fonds par un «plan national de reconstruction et de croissance». «À cet égard, il est positif que les pays « cœur » de la zone euro semblent finalement opter pour une approche plus équilibrée» estime ING IM qui rappelle que «de plus en plus de décideurs politiques (FMI, CE et même BCE) déclarent désormais que l’austérité ne suffit pas à elle seule pour résoudre la crise et un plan de croissance est devenu plus probable».

Alexis Tsipras a par ailleurs promis de placer le secteur bancaire sous le contrôle de l’Etat. «Si nous sommes élus, nous agirons rapidement pour recapitaliser les banques avec des actions ordinaires, ce que nous appelons la socialisation du système bancaire». Le financement de la BCE aux banques grecques a chuté de 16,85 milliards d’euros en avril, et le recours au mécanisme grec de liquidité d’urgence (ELA) a augmenté de 12,85 milliards. Et la fuite des dépôts pourrait atteindre de 500 à 700 millions par jour, selon Bloomberg.

Le dirigeant mise sur le risque de contagion généralisée pour faire plier l’Allemagne, dont les engagements aux programmes européens anti-crise ont déjà atteint 113 milliards selon Credit Suisse. Mais cette stratégie n’est pas sans risque. George Osborne indiquait hier s’interroger sur le fait que le gouvernement allemand puisse réclamer la sortie de l’euro de la Grèce pour justifier à son opinion publique certaines mesures telles que l’union bancaire ou les eurobonds. S&P estime la probabilité d’une sortie grecque de la zone euro à plus d’un tiers si le pays n’arrive pas à s’entendre avec ses bailleurs de fonds. D’autant que les derniers sondages placent Syriza au même niveau que le parti conservateur, ramenant le pays à son blocage politique initial.

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