La Grande-Bretagne pourrait retourner en récession en 2012

L’indice Lloyds de confiance des investisseurs a chuté à -23 points et l’enquête du Financial Times anticipe une année comparable à 2009
Patrick Aussannaire

Le retour en récession guette l’économie britannique. L’indice Lloyds de confiance des investisseurs publié hier a poursuivi son recul en décembre, tombant à -23, un plus bas depuis janvier 2009. Plus inquiétant, l’indice mesurant les perspectives commerciales des entreprises pour les 12 prochains mois a chuté de 14 points à 17. Le déclin quasi ininterrompu de l’indice depuis juin n’est pas de bon augure et les économistes de Lloyds d’estimer que «l’économie devrait certainement débuter l’année par une contraction».

Des inquiétudes relayées par une enquête réalisée par le Financial Times dans laquelle une majorité des 83 économistes interrogés estiment que 2012 sera comparable à 2009 en termes de morosité, année qui avait vu l’économie se contracter de 0,8%.

«Il est difficile d’être optimiste à court terme sur les perspectives de croissance au Royaume-Uni. Il y a peu de flexibilité budgétaire. L’assouplissement quantitatif (QE) a certainement limité la crise mais n’a pas créé de dynamique de croissance. La récession est de plus en plus probable. Et la zone euro est le principal partenaire commercial du Royaume-Uni» résume Stephen King, économiste chez HSBC. Et Peter Dixon de Commerzbank de prévoir au moins un trimestre de contraction et «une probabilité croissante de deux voire trois trimestres récessifs».

L’indice PMI manufacturier publié hier a certes rebondi de 1,9 point à 49,6 en décembre, mais reste sous le seuil de contraction. Philip Shaw, économiste chez Investec indique que les dépenses de consommation ont chuté à moins de 60% du PIB et sont très proches de leurs plus bas du milieu des années 1990, de 57,5%. Les ventes de détail sont restées atones malgré des promotions records consenties par les détaillants et «la nouvelle année ne devrait pas offrir d’embellie» selon une étude KPMG/Synovate.

Selon l’enquête du FT, le gouvernement ne devrait cependant pas remettre en cause le plan d’austérité en dépit de la détérioration de la situation économique. «Le plan a été un peu hâtif, mais dans la mesure où les marchés de taux lui ont accordé du crédit, nous ne devrions pas faire machine arrière maintenant» estime John Gieve, ancien membre de la BoE.

Le rendement du Gilt progressait de 5 pb à 2,03% hier après que les obligations ont surperformé en 2011 les 26 obligations d’Etat sondées par Bloomberg, dont le Bund allemand et les Treasuries américains.

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