La Grande-Bretagne bénéficie de conditions idéales pour emprunter

Le pays a émis 4,75 milliards de livres à 50 ans hier. La Banque d’Angleterre doit décider en février si elle étend son programme de rachats de Gilts
Alexandre Garabedian

Londres peut continuer à faire des jaloux en Europe continentale. La Grande-Bretagne a emprunté hier à 50 ans sans difficulté, levant 4,75 milliards de livres (5,7 milliards d’euros). Barclays Capital, Credit Suisse, HSBC et Morgan Stanley dirigeaient cette syndication, qui a permis au souverain britannique d’émettre à 2 points de base au-dessus du rendement de ses obligations d'échéance 2049.

Le succès ne faisait guère de doute. L’office de gestion de la dette britannique (DMO) a rouvert la ligne juillet 2052, dont le flottant n’atteignait que 1,89 milliard, une fois déduits les titres aux mains du DMO et de la Banque d’Angleterre (BoE). Plus généralement, l’offre nette de Gilts est aujourd’hui négative, soulignent les stratégistes taux de BNP Paribas. Or la demande pour des maturités longues reste forte de la part des fonds de pension qui doivent couvrir leurs passifs. Et il ne s’agit pas seulement d’institutionnels britanniques, puisque la précédente offre de titres 2052, en septembre dernier, avait attiré 13% de non-résidents, un record pour une syndication.

«La demande structurelle à des fins de gestion actif-passif, la taille du programme de rachats d’actifs [par la BoE] et la poursuite du ‘deleveraging’ d’actifs libellés en euros soutiennent les Gilts», résume Shahid Ladha, stratégiste de BNP Paribas à Londres.

L’opération a aussi bénéficié, ponctuellement, des chiffres d’exécution budgétaire publiés hier, moins inquiétants que prévu. Hors aide aux banques, le déficit (net borrowing) a atteint 13,7 milliards de livres en décembre au lieu des 14,9 milliards attendus par le consensus, grâce à la hausse des rentrées fiscales. «Il semble probable que le gouvernement ne dépassera pas sa prévision de déficit de 127 milliards de livres sur l’exercice», clos à fin mars, estime Steven Bryce, économiste chez Credit Suisse. La dette britannique, en revanche, a franchi le seuil symbolique des 1.000 milliards de livres.

Alors que les rendements des Gilts restent très bas (2,18% à 10 ans), les économistes sont partagés sur la stratégie de la BoE, dont le programme d’assouplissement quantitatif (QE) arrive à son terme. Son gouverneur, Mervyn King, a estimé hier qu’il y avait de la marge pour des achats d’actifs supplémentaires, «si nécessaire». Les minutes de la BoE publiées ce matin permettront d’en savoir davantage. De même que le PIB du quatrième trimestre, attendu par le consensus en repli de 0,1%.

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