La Grande-Bretagne affiche une légère croissance au premier trimestre
Le produit intérieur brut britannique a augmenté de 0,3% au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2012, qui avait été marqué par un repli de 0,3% de l’activité. En variation sur un an, l’activité a progressé de 0,6%. Cette bonne surprise permet au pays d’éviter de plonger dans une troisième récession en quatre ans et éloigne ainsi le spectre d’un «triple dip».
L’activité a dépassé les attentes des économistes interrogés par Bloomberg qui tablaient sur une hausse de 0,1% tout comme la Banque d’Angleterre (BoE). Les chiffres provisoires publiés hier par l’Office national de la statistique (ONS) montrent que le rebond de la croissance s’explique avant tout par l’activité dans les services, et la hausse de la production de gaz et de pétrole en mer du Nord.
Ces statistiques tombent à pic pour le ministre des finances Georges Osborne dont la politique d’austérité est critiquée. Même le FMI a récemment mis en garde Londres sur les effets que la rigueur pourrait avoir sur la croissance. L’étau s’était un peu plus resserré la semaine dernière lorsque Fitch, à l’image de Moody’s en février, a dégradé la note souveraine britannique d’un cran de AAA à AA+ en raison de la détérioration des perspectives économiques et budgétaires.
Cette décision largement anticipée par les marchés avait constitué un non-événement mais avait jeté à nouveau le doute sur la trajectoire budgétaire britannique. «Le déficit ne devrait pas tomber sous 3% avant 2017-2018 selon les projections du gouvernement tandis que la dette publique augmenterait jusqu’à 100,8% du PIB en 2015-2016 et 2016-2017 avant d’amorcer un léger repli en 2017-2018», souligne Nathalie Dezeure économiste chez Natixis.
Rob Carnell, chez ING s’attend à davantage de croissance en Grande-Bretagne au cours des prochains trimestres, et estime que la prolongation jusqu’à 2015 du mécanisme FLS de soutien au crédit devrait y contribuer. Les économistes restent toutefois prudents et considèrent que le redressement prendra du temps.
Tous s’accordent aussi à dire que cette éclaircie dans le paysage macroéconomique va à l’encontre d’une augmentation des rachats d’actifs par la BoE. Le taux britannique à 10 ans a augmenté de 3,1 pb à 1,7% après la publication du PIB. La livre s’est renchérie à 0,84 livre pour un euro sur des rachats de positions courtes, soit son plus haut niveau depuis trois semaines, et depuis deux mois face au dollar (1,54 dollar pour une livre).
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