La gouvernance économique de l’Europe promet un bras de fer
En dépit de l’accord scellé lundi dernier à Luxembourg, la réforme de la gouvernance économique n’en finit pas de susciter des remous en Europe. Les députés européens ne comptent pas s’en tenir au compromis qui sera en principe validé jeudi par les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept. Demain la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement procédera à son premier tour de table sur ces sujets. Cinq textes sont à l’examen suite aux propositions faites par la Commission européenne en septembre. «Le parlement est co-législateur. Il prendra toute sa part dans les réformes à venir», a déclaré mercredi dernier Joseph Daul, président du groupe PPE de centre-droit, le plus important du Parlement.
Après avoir excédé les négociateurs de Luxembourg, l’intervention in extremis du tandem Nicolas Sarkozy-Angela Merkel à travers leur «déclaration de Deauville» alimente les critiques des élus. «On devrait plutôt parler d’un compromis casino franco-allemand», a estimé le président des libéraux Guy Verhofstadt. «Ce parlement a une mission: renverser l’accord de Deauville. Tenons-nous en aux propositions de la Commission et continuons le travail législatif», a-t-il ajouté. L’eurodéputé socialiste Pervenche Berès déplore «un débat uniquement organisé autour de l’ornière des sanctions».
Les critiques sont alimentées, outre la méthode, par le fond des propositions qui sont en retrait de ce qu’avait mis sur la table la Commission européenne le 29 septembre. A la demande de la France, un «fusible» politique a été introduit dans la procédure sous la forme d’un vote à la majorité qualifiée vu comme un moyen de réduire l’automaticité des sanctions pour les Etats ne respectant pas les critères de déficit ou d’endettement, même si les interprétations varient. Plus fâcheux encore, le Conseil des ministres des Finances retrouverait le moyen de modifier les sanctions proposées par la Commission. Ces changements ont amené le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, à se désolidariser ostensiblement du compromis de lundi.
Par ailleurs, la perspective d’une modification des traités, afin de pérenniser le mécanisme de stabilisation de l’euro créé pour une durée de trois ans et de rendre possible la suspension des droits de vote d’un pays en infraction, désormais défendue uniquement par Paris et Berlin, inquiète tant la Commission que de nombreux Etats membres.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026. -
Au Royaume-Uni, Andy Burnham défie Keir Starmer
Le maire travailliste du Grand Manchester, qui vient d’être élu à la Chambre des communes, jouit d’une popularité bien plus forte que l’actuel premier ministre, qu’il pourrait pousser vers la sortie. Keir Starmer compte, quant à lui, résister. -
«Seule une reprise plus marquée de l’économie européenne pourrait justifier une appréciation de l’euro-dollar à 6 mois»
Olivier Guillou, directeur de la gestion chez Ecofi. -
NextStage et Indefi lancent un indice sur les fonds evergreen
Le gérant s'est allié au cabinet de conseil qui a analysé 40 fonds répondant à plusieurs critères, notamment de taille et de stratégie d'investissement, lui permettant de dégager des performances moyennes en fonction du type de part, retail, wealth et institutionnels.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter