La gestion passive marque une pause dans son irrésistible ascension
Les ETF se démarquent avec une dynamique de collecte supérieure à celle de la gestion traditionnelle dans de nombreuses classes d’actifs, selon le Boston Consulting Group.
Publié le
Amélie Laurin
Les actifs de l’ensemble de la gestion passive sont restés quasi stables à 11.000 milliards de dollars.
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L’atonie de la gestion d’actifs mondiale en 2015 n’a pas épargné les fonds indiciels. Alors que les encours globaux ont seulement crû de 1% contre 8% un an plus tôt, à 71.400 milliards de dollars (64.600 milliards d’euros), les actifs de l’ensemble de la gestion passive sont restés quasi stables à 11.000 milliards de dollars, selon le Boston Consulting Group (BCG). Dans sa 14e étude annuelle sur le secteur de la gestion d’actifs publié hier soir, le cabinet dresse le bilan en demi-teinte de l’année 2015, comme son concurrent McKinsey il y a quelques semaines.
«La pause dans la croissance de long terme des (fonds) passifs, qui sont passés de 8% des actifs mondiaux en 2003 à 15% à 2014, a largement résulté d’un déclin des encours des grands mandats passifs et des fonds non ETF (non-fonds indiciels cotés, ndlr), d’une décollecte de quelques grands segments institutionnels tels que les fonds souverains, et d’un impact de marché et de devise», explique le BCG. Le moindre appétit des institutionnels provient notamment des retraits opérés par des pays du Golfe, pénalisés par la baisse des cours du pétrole.
Pour autant, dans la sous-catégorie des ETF, «la collecte a été très forte, même si leurs encours n’ont augmenté que de 9% en raison d’un effet de marché négatif et d’un effet de devises défavorable dû à l’appréciation du dollar», précise Hélène Donnadieu, co-auteure du rapport. Les fonds passifs de fixed income (produits de taux) ont enregistré une collecte nette égale à 6,4% de leurs encours, contre un taux de -0,3% pour les fonds fixed income classiques. Dans les actions, la dynamique des ventes atteint respectivement +2,4% et -1%. En valeur absolue, «les ETF ont davantage collecté en Europe que les fonds classiques sur les actions européennes et sur le high yield. Ils s’attaquent donc à la fois au cœur de la gestion traditionnelle et à certains marchés de spécialités», poursuit Hélène Donnadieu.
Compte tenu de ces tendances, le BCG n’hésite pas à relever ses prévisions de ventes pour la gestion passive. «Nous pensons que la gestion passive représentera 42% de la collecte nette entre 2016 et 2020, même si elle pèse seulement 15% des encours globaux actuellement», avance Hélène Donnadieu. L’an dernier, le cabinet de conseil misait sur une proportion de 35% en cumulé entre 2015 et 2018.
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