La gestion traditionnelle européenne doit ajuster ses coûts face aux ETF
Les produits indiciels devraient concentrer 35% de la collecte mondiale entre 2015 et 2018, selon le Boston Consulting Group
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Amélie Laurin
La déferlante ETF (exchange traded funds) est une réalité aux Etats-Unis. La gestion passive a concentré l’an dernier 50% de la collecte sur les fonds ouverts (hors mandats et fonds dédiés) outre-Atlantique, révèle l’étude annuelle sur la gestion d’actifs du Boston Consulting Group. En Asie, cette gestion à faible coût, qui réplique des indices boursiers ou d’autres marchés, a drainé 20% des flux nets et seulement 12% en Europe. «Cela fait plusieurs années que l’on annonce que les ETF vont croître fortement en Europe. Jusqu’à présent l’essor a été bloqué par les rétrocessions (versées par les gérants aux distributeurs, ndlr), mais leur interdiction devrait amorcer le mouvement», juge Hélène Donnadieu-Ouillet, coordinatrice du rapport du BCG.
A l’échelle mondiale, les ETF devraient représenter 35% de la collecte nette cumulée entre 2015 et 2018, contre 14% l’an dernier, estime le cabinet de conseil. La gestion active classique, numéro un l’an dernier avec 39% des ventes, devrait afficher des sorties nettes sur la période à venir (-8%). A l’autre bout du spectre, seuls les produits de solutions (fonds de gestion actif-passif, absolute return, dividende, etc) devrait concurrencer les ETF avec 37% de la collecte d’ici à fin 2018, contre 13% en 2013.
Alors que l’industrie de la gestion voit déjà sa rentabilité baisser, la pression sur les prix pourrait favoriser à la fois les produits indiciels et ceux reconnus pour leur forte valeur ajoutée. «La transparence des frais n’est pas la même dans tous les pays, nuance Hélène Donnadieu-Ouillet. Sous l’influence des changements réglementaires en Grande-Bretagne, les conseillers indépendants y apportent plus d’attention.Encore faible à l'échelle du marché anglais, la collecte sur les ETF augmente, tandis que la baisse des frais sur certains fonds actifs donne de bons résultats en terme de ventes». Un nouveau venu, Woodford IM, s’est fait remarquer en lançant un fonds actions à faibles commissions et dont il publie la totalité des positions.
D’autres pourraient suivre cet exemple pour s’imposer face aux usual suspects. Aux Etats-Unis, dix gérants ont concentré l’an dernier 68% de la collecte des fonds ouverts, contre 53% en 2013, selon le BCG. En première ligne figurent deux géants des ETF: Vanguard (219 milliards de dollars de flux) et BlackRock (98 milliards), via sa marque iShares. En Europe, ce dernier domine avec 48 milliards de dollars de collecte, dans un marché plus fragmenté.
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