La gestion d’actifs fait face à un environnement de plus en plus incertain
En apparence, 2010 a été une bonne année pour le secteur de la gestion d’actifs. Selon la neuvième étude du Boston Consulting Group (BCG), la valeur des actifs gérés au plan mondial a atteint l’an dernier 56.400 milliards de dollars en hausse de 8%. Un montant qui dépasse le record précédent établi en 2007, avant la crise, de 56.200 milliards.
En dépit de ce chiffre positif et d’un niveau de marge opérationnelle nette globalement satisfaisant (33% en moyenne), les gestionnaires d’actifs affrontent de multiples contraintes qui vont les obliger à se transformer en profondeur et des changements sont multiples. Il y a tout d’abord une demande pour des produits de plus en plus sophistiqués, une compétition accrue, et l’arrivée de nouvelles réglementations comme Bâle 3 ou Solvabilité 2 qui vont bouleverser les règles du jeu. A cela, il faut ajouter «des taux d’intérêts chroniquement bas, le risque d’inflation, des bulles potentielles et une volatilité des marchés».
Au niveau des produits, la tendance 2010 montre un «déclin progressif» des produits de gestion active. Ces produits comptent encore pour 80% du total, mais ce chiffre devrait descendre à 70% au cours des prochaines années. Les produits de gestion passive et alternatifs sont en revanche en essor, et tout particulièrement, les ETF qui ont a connu une envolée en 2010 avec une croissance de 29% aux États-Unis et de 25% en Europe.
Géographiquement, l’étude du BCG met en valeur un marché mondial à deux vitesses avec d’un coté un marché globalement atone aux Etats-Unis et en Europe, et de l’autre coté, une activité en forte progression dans quelques pays émergeants (Mexique, Inde, Chili, Chine, Brésil et Afrique du Sud). Aujourd’hui, ces pays ne représentent que 5% du marché de la gestion d’actifs. Ce pourcentage devrait monter à 15% avant la fin de la décennie.
En ce qui concerne la France, Philippe Morel, directeur associé senior au BCG, observe un phénomène inquiétant de decollecte en 2010 et en début 2011, qui s’explique en grande partie par le déclin des produits OPCVM dans l’offre des banques. D’ici à 2013, le nouveau cadre réglementaire Solvabilité 2 va à son tour transformer l’offre des compagnies d’assurance. «A l’instar de leurs concurrents anglo-saxons, les acteurs français doivent rapidement réduire leur dépendance à leur marché national pour se développer à l’éxtérieur» assure Philippe Morel.
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