La fusion entre CME Group et le Nymex n’est pas encore acquise

L’opération pourrait se heurter aux autorités antitrust, et les analystes envisagent une contre-offre éventuelle de l’Intercontinental Exchange
Kaysser Cherif

Dans des conditions mouvementées sur les marchés financiers, le secteur des entreprises boursières reste en ébullition. Pourtant, la nouvelle d’un mariage CME-Nymex n’a pas vraiment surpris les experts du secteur : ils avaient prévu que la Bourse de dérivés de New York serait la prochaine cible d’un mouvement de consolidation dans le secteur de l’intermédiation. Mais le rachat du Nymex par le CME n’est pas encore acquis. La Bourse de Chicago a conclu un accord pour trente jours de négociations exclusives, mais les analystes n’excluent pas des surenchères, notamment de son grand rival, l’Intercontinental Exchange.

Le CME Group, né de la fusion l’été dernier entre le Chicago Board of Trade (CBoT) et le Chicago Mercantile Exchange (CME), est la plus importante Bourse de produits dérivés du monde et a une capitalisation boursière de 34,3 milliards de dollars, contre 35 milliards pour Deutsche Börse et 20,4 milliards pour Nyse Euronext. A lui seul, le nouveau groupe contrôlerait 95 % du marché des futures américain. Or, de nombreuses objections pourraient se lever pour dénoncer cette fusion tant le nouveau groupe dominerait plusieurs segments des marchés à terme. Le rachat du Nymex amènerait dans l’escarcelle du CME le plus important marché à terme de l’énergie et celui des métaux précieux. Le nouvel ensemble pèserait près de 45 milliards de dollars en Bourse.

Ce qui laisse craindre que les autorités de la concurrence du pays puissent retarder voire rejeter ce projet. La fusion entre le CME et le CBOT avait déjà donné lieu à des mois d’enquêtes, ce qui avait permis à l’ICE de rentrer dans la bataille boursière en surenchérissant sur l’offre du CME. D’ailleurs, après l’annonce de cette opération, le titre de l’ICE a perdu 3,5 % à 140,25 dollars, les investisseurs s’inquiétant des velléités de l’opérateur.

Enfin, autre écueil, de nombreux clients mais aussi les régulateurs pourraient craindre une envolée de leurs frais de transactions, l’opération pouvant aboutir à nettement réduire la concurrence sur les marchés à terme. Le CME a assuré que ces frais diminueraient notamment grâce à la concurrence de nouveaux acteurs étrangers.

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