La FSA identifie de nombreux risques pour le secteur financier
C’est un panorama au fusain, au trait noir et appuyé. Le secteur bancaire doit faire face aux « conditions les plus difficiles depuis les années 90 », selon la FSA (Financial Services Authority), l’autorité des marchés financiers britannique. Dans un rapport, le Financial Risk Outlook (FRO), publié hier, le gendarme de la City pointe du doigt les responsables de la crise des marchés financiers et liste les nombreuses et néfastes conséquences du resserrement des conditions de crédit, tant pour les professionnels de la finance que pour les épargnants britanniques.
Pour commencer, la FSA exprime ses doutes sur le « business model » de certaines banques, vulnérables aux marchés de la finance structurée. L’autorité britannique regrette que « la dispersion du risque se soit faite aux dépens de la transparence ». Elle en vient à épingler « l’échec général » des agences de notation à prendre en compte le « relâchement des standards des souscripteurs » de produits structurés. Selon la FSA, de gros efforts sont à faire en termes d’évaluation et de stress test. L’autorité des marchés a notamment en tête l’affaire Northern Rock.
Par ailleurs, les emprunteurs britanniques sont parmi ceux qui pourront se faire le plus de soucis à la lecture de ce rapport. « Au cours des douze prochains mois, 1,4 million d’emprunts à taux fixe vont arriver à leur terme », dit le FRO, et basculer dans des conditions difficiles pour les prêteurs. Selon le régulateur, ces emprunts devraient alors augmenter de 210 livres par mois en moyenne, mettant une « minorité significative » de propriétaires en difficulté financière.
Le régulateur fait aussi écho aux soucis de la Société Générale en indiquant que les « pressions financières » pourraient « augmenter la motivation de certains employés » à commettre des fraudes. Il met aussi en garde contre le système de rémunération en banque d’investissement, basé sur les bonus, qui privilégie la quantité au détriment de la qualité.
Le gendarme fait la liste d’autres motifs d’inquiétude : la fragmentation des données d’échange causée par la directive MIF, le manque de transparence des fonds souverains et, parmi d’autres, les faibles covenants qui vont poser des problèmes aux banques et aux créditeurs. Dans un business plan à paraitre le 5 février, la FSA entend présenter des moyens d’action pour répondre à ces « risques prioritaires ».
Plus d'articles du même thème
-
L'Europe est sous la menace du rebond des prix du gaz
Alors que la Chine a commencé à reconstituer ses stocks de gaz et que ceux de l'Europe sont au plus bas, les conditions sont réunies pour pousser les prix à la hausse en l'absence d'accalmie dans le Golfe. -
Icade a limité la casse sur ses revenus au deuxième trimestre
Le groupe immobilier a enregistré au premier semestre des revenus consolidés en baisse de 4,7% sur un an, mais ce repli est toutefois moins marqué qu'au premier trimestre. -
Airbus compte presque doubler son résultat opérationnel à horizon 2029
Le groupe a annoncé s'attendre à un résultat opérationnel compris entre 12 et 13 milliards d’euros pour 2029 contre 7,5 milliards d’euros attendus cette année. -
Les émissions de titrisations SRT battent des records malgré la guerre
Ces opérations de transferts de risque synthétique (SRT) pourraient à nouveau battre des records en 2026. Les statistiques, tout comme les pratiques à risques, restent cependant peu documentées. -
Microsoft et Mistral signent un accord de plusieurs milliards de dollars pour développer l'IA en Europe
Microsoft exploitera une partie des capacités de calcul de Mistral qui aura accès aux processeurs de dernière génération de Nvidia. -
Surendettement : vers la fin des frais de retard dans le paiement fractionné ?
Louis Chatriot, CEO et cofondateur d'Alma, estime que les frais de retard ne devraient pas être une composante normale du modèle économique du paiement fractionné.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
UltimatumMonique Barbut va présenter sa démission à Emmanuel Macron
La ministre de la Transition écologique a annoncé mardi soir, devant plusieurs médias dont l'Opinion, qu'elle présenterait sa démission au chef de l'Etat. En cause : le refus du gouvernement de revenir sur la réintroduction encadrée de l'acétamipride dans la loi agricole -
RemaniementSNCF : Jean Castex impose sa marque en remaniant la direction de SNCF Voyageurs
Le patron du groupe ferroviaire souhaite « impulser une nouvelle dynamique » chez sa filiale. En interne, Jean Castex défend une autre conception de la décentralisation des activités de sa filiale -
Bras de ferGuerre en Ukraine : les anciens contre les modernes
Le départ du ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, en conflit sur des choix stratégiques avec le commandant en chef des armées Olexandr Syrsky, a provoqué des manifestations d’ampleur