La fraude à la Société Générale aurait pu être évitée, estime un rapport
Le comité spécial chargé de superviser la gestion de la crise déclenchée par la perte de trading record de la Société Générale estime que les contrôles prévus dans les salles de marché ont été effectués correctement mais que d’autres, non prévus, auraient pu permettre de découvrir les pratiques du trader incriminé.
Dans un communiqué publié mercredi soir, il indique en outre n’avoir relevé à ce stade aucune preuve de détournement du trader Jérôme Kerviel ou de complicité dans cette affaire, révélée le 24 janvier.
Composé de trois administrateurs indépendants et présidé par l’ancien patron de PSA Peugeot Citroën Jean-Martin Folz, ce comité spécial dit avoir fait siennes, après un avis du cabinet d’audit PWC, les conclusions en ce sens d’une mission d’enquête de l’inspection générale de la Société Générale.
«Les contrôles prévus par les fonctions de support et de contrôle ont dans l’ensemble été effectués et menés conformément aux procédures mais n’ont pas permis d’identifier la fraude avant le 18 janvier 2008», lit-on dans le communiqué.
«L’absence d’identification de la fraude jusqu'à cette date peut s’expliquer d’une part par l’efficacité et la variété des techniques de dissimulation utilisées par le fraudeur, d’autre part par le fait que les opérateurs n’approfondissent pas systématiquement leurs vérifications.»
Les inspecteurs déplorent l’absence de «contrôle sur les transactions annulées ou modifiées, ni sur les transactions à départ différé, ni sur les nominaux élevés en position, ni sur les flux non transactionnels en cours de mois, autant d’analyses qui auraient probablement permis d’identifier la fraude». Ils relèvent enfin qu’en novembre 2007, deux «signaux d’alerte extérieures» émanant d’Eurex et de Fimat aient laissé la hiérarchie du trader sans réaction.
«A ce stade des investigations, aucune preuve de détournement ou de compliticité interne ou externe n’a été constatée», lit-on encore dans le rapport, qui indique encore que «les investigations se poursuivent, notamment sur un périmètre plus large que celui des activités de l’auteur de la fraude.»
Jean-Martin Folz est épaulé au sein de ce comité spécial par Jean Azema et Antoine Jeancourt-Galignani, respectivement directeur général de Groupama et ancien président des AGF.
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