La France poursuit son décrochage économique au sein de la zone euro
Le décrochage récent de la France par rapport à la moyenne des pays de la zone euro dans les indicateurs avancés n’est pas près d’être comblé, à en croire Coe-Rexecode. L’institut d’études économiques estime à 0,2% le recul du PIB français cette année, sous la prévision officielle de +0,1%, et anticipe une croissance de 0,7% en 2014. Si la zone euro doit connaître une récession un peu plus forte cette année (de 0,4%), sa reprise, estimée à 1% en 2014, laissera en retrait la France.
«Ce décalage peut s’expliquer par les choix de l’automne dernier, avec une consolidation budgétaire qui privilégie la hausse de la fiscalité et non la réduction des dépenses publiques», souligne Michel Didier, président de Coe-Rexecode.
A la différence du reste de la zone euro, l’effort budgétaire sera plus marqué en France en 2013 qu’en 2012. Résultat: une déprime de l’investissement et une consommation des ménages attendue à -0,5% cette année. Seule la fin du déstockage aurait un effet positif sur la croissance. «Ne pas tenir de cap ou d’objectif, ou changer d’objectif, conduit à la restriction de la demande privée», ajoute Michel Didier en référence au dérapage du déficit, qui après avoir atteint 4,8% l’an dernier resterait à 4% du PIB en 2013 selon l’institut.
Le décalage entre la France et la moyenne de la zone euro est visible depuis cet automne dans les enquêtes de climat des affaires. L’indice PMI des directeurs d’achats de l’industrie se stabilise en territoire récessif alors qu’il repart à la hausse dans le reste de la région. L’écart se creuse surtout dans le secteur des services, où le PMI français est retombé quasiment dans les profondeurs du début 2009. «En 2008-2009, nous étions sur un autre type de ralentissement économique, avec une récession largement importée à cause de l’effondrement du commerce mondial. Cette fois, les causes sont plus structurelles», précise Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode.
Plusieurs indicateurs témoignent de la profondeur de la crise. Les demandes de délais adressées par les entreprises à l’Urssaf pour le recouvrement des cotisations sociales ont dépassé leur sommet de 2009, traduisant leurs difficultés de trésorerie.
Autre statistique inquiétante: à 480 jours, la durée moyenne d’inscription au chômage a retrouvé ses sommets de début 2000, mais sur une base de chômeurs plus large. Le nombre de chômeurs de très longue durée (plus de 3 ans) atteint les 516.000.
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