La France et le Royaume-Uni voient leur AAA menacé par Moody’s
Moody’s jette un nouveau pavé dans la mare européenne. Cette nuit, l’agence a dégradé d’un cran les notes de l’Italie à A3, du Portugal à Ba3, de la Slovaquie et de la Slovénie à A2, de Malte à A3. L’Espagne a été le pays le plus pénalisé avec une dégradation de deux crans à A3. Soulignant la dichotomie Nord-Sud entre les pays européens, Moody’s a en revanche jugé «appropriées» les notes Aaa du Danemark, de l’Allemagne, de la Finlande, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Suède. Mais l’agence a également tiré la sonnette d’alarme sur les AAA de la France, de l’Autriche et du Royaume-Uni, mis sous perspective négative.
Un mois jour pour jour après la perte du AAA de la France par S&P, Moody’s met en avant «les risques significatifs» auxquels le gouvernement français devra faire face pour réduire le déficit public à 4,5% du PIB fin 2012 et 3% en 2013 comme promis. La Cour des Comptes a d’ailleurs estimé qu'à peine 10% de l’effort total qui doit permettre de ramener à zéro le déficit en 2016 avait été accompli l’an passé, en pleines négociations tendues à l’Assemblée Nationale sur le relèvement de la TVA. «Ceux-ci pourraient encore se compliquer par le besoin de venir en aide à d’autres pays européens ou à son propre système bancaire». L’agence a d’ailleurs dans la foulée réduit les perspectives des dispositifs publics de soutien aux banques françaises, la Société de financement de l'économie française (SFEF) et la Société de prises de participation de l’Etat (SPPE) qui ont reçu 360 milliards d’euros en 2008.
Contrairement à S&P, Moody’s a également mis la note du Royaume-Uni sur la sellette. Une décision justifiée par «un environnement macroéconomique affaibli, qui devrait entraver les efforts du gouvernement d’infléchir la trajectoire du poids de la dette à la baisse dans les prochaines années». Et de souligner sa forte dépendance à la zone euro. «Même si le Royaume-Uni est en dehors de la zone euro, le risque élevé de chocs économiques, financiers ou politiques au sein de l’union monétaire exercent des pressions négatives sur la note du Royaume-Uni compte tenu de ses liens commerciaux et financiers avec la zone euro». «C’est la preuve que, dans la situation mondiale actuelle, la Grande-Bretagne ne peut faire autrement que s’occuper de sa dette», a réagi le chancelier de l’Echiquier, George Osborne.
L’euro perdait 0,2% cette nuit à 1,3162 et la livre sterling 0,4% à 1,5710 contre dollar.
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Paris - Pendant que le débat enfle sur l’opportunité de taxer les «superprofits» pétroliers liés à la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies prévient les politiques: en cas de taxes, il ne pourra «pas maintenir» son plafonnement du prix des carburants dans ses station-service françaises. Le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, connu pour ses paroles directes, a fait cet avertissement mardi dans une interview donnée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées. «En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France», a indiqué le patron, accusé par la gauche de profiter de la guerre. «TotalEnergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine (...) Il n’y a aucune honte, cela signifie que l’entreprise fonctionne bien», a souligné le dirigeant. Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la flambée du prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier «redistribuer» cet argent comme il l’entend. Le groupe a annoncé jeudi, au lendemain de ses résultats trimestriels, qu’il maintenait «le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L et gazole à 2,25 euros/L) (...) pour le mois de mai» dans ses 3.300 station-services, une initiative qu’il poursuivra «tant que la crise au Moyen-Orient durera». En place depuis février 2023, pour atténuer les prix élevés à la pompe en pleine crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, cette initiative leur avaient coûté «entre 400 et 500 millions de dollars» cette année-là. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi encouragé TotalEnergies à un plafonnement encore plus «généreux» des prix à la pompe», selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche. «Est-ce qu’on demande à Total d’en faire plus? Oui», a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, tout en s’insurgeant contre «des mensonges et des contrevérités» qui circulent sur le groupe. «Total paye déjà des impôts», à hauteur de «2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires» en France, a indiqué M. Lecornu, rappelant aussi que La France était le «seul» pays où TotalEnergies plafonnait ses prix. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait quant à lui affirmé lundi que s’il fallait taxer les «surprofits» des groupes énergétiques, cette mesure devrait être ciblée et «temporaire». «Pas de pénurie» cet été TotalEnergies a annoncé le 29 avril de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, le PDG a précisé qu’il était «fort probable» que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre. Cette contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l’année 2026, s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Mais le groupe, qui empoche l’essentiel de ses bénéfices à l’international, n’y était pas soumis au titre de l’année 2025 car son activité de raffinage était déficitaire en France. Le PDG est aussi revenu sur ses propos très commentés de fin avril, y compris par Emmanuel Macron, sur une «ère de pénurie énergétique» si le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran durait encore «deux ou trois mois». «Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner», a-t-il rectifié, interrogé sur une éventuelle crise d’approvisionnement estivale. «Il n’y aura pas de pénurie, mais cela aura un coût plus élevé», puisque «nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher», a-t-il tempéré. Selon le PDG, la consommation de carburants a reculé de 15% en France au mois d’avril. Nathalie ALONSO © Agence France-Presse -
Amazon annonce un investissement de plus de 15 milliards d’euros en France sur trois ans
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