La France et l’Allemagne préparent le débat sur la relance de la croissance

Une phase de discussions va s’engager, notamment à l’occasion d’un sommet informel le 23 mai, en vue du Conseil européen de juin
Antoine Duroyon
Le Président François Hollande lors de son investiture le 15 mai 2012. Photo : REA
Le Président François Hollande lors de son investiture le 15 mai 2012. Photo : REA  - 

Au menu des premiers échanges hier à Berlin entre François Hollande et Angela Merkel, la question de la croissance a occupé une place de choix. Avec en toile de fond des indicateurs économiques contrastés de part et d’autre du Rhin, le président français et la chancelière allemande ont annoncé une phase de négociations sur ce thème, notamment à l’occasion d’un sommet informel le 23 mai, en vue du Conseil européen de juin.

«Tout doit être mis sur la table par les uns comme par les autres, tout ce qui peut contribuer à la croissance», a déclaré le président français, en évoquant les euro-obligations ou l’utilisation des fonds structurels européens. «Ensuite, nous en tirerons les conclusions en termes d’instruments juridiques nécessaires», a-t-il ajouté. «Nous saurons trouver les solutions aux différents problèmes», a assuré de son côté Angela Merkel.

Cette prise de contact s’est déroulée sur fond d’incertitude croissante sur le sort de la Grèce. Après l’échec des consultations engagées depuis les législatives du 6 mai en vue de la formation d’un gouvernement, le pays se prépare à de nouvelles élections. Aucune date n’a pour le moment été fixée, mais les médias grecs évoquent la date du 17 juin. En attendant, un gouvernement chargé des affaires courantes doit être nommé ce mercredi.

Cet imbroglio politique relance les spéculations autour d’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro. Dans un entretien à France 24, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a ouvertement évoqué la possibilité d’une «sortie ordonnée». «C’est quelque chose qui serait extraordinairement coûteux et qui présenterait de grands risques mais ça fait partie des options qu’on est obligés de regarder techniquement», a-t-elle déclaré. Un scénario que François Hollande et Angela Merkel ont repoussé, disant vouloir que la Grèce reste dans la zone euro.

Cette agitation a pesé sur les banques françaises, en particulier Crédit Agricole, dont le cours a chuté hier de presque 7%, à 3,04 euros. L’indice CAC 40 cédait pour sa part 0,6% à 3.039 points. Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a assuré lundi que les banques françaises pourraient résister à une éviction de la Grèce de la zone euro. Selon les calculs de l’IESEG, un tel scénario pourrait coûter au plus 19,8 milliards d’euros aux établissements hexagonaux et 66,4 milliards à l’Etat français.

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