La France est promise à une envolée de la charge de la dette
Le dérapage des finances publiques s’annonce ravageur pour le coût de la dette française. Dans son rapport sur le projet de loi de Finances rectificative de 2009, le rapporteur général du budget à l’Assemblée, Gilles Carrez, s’inquiète de la dérive prévisible à un horizon de quatre ans. «En 2012, la charge de la dette publique serait supérieure de 14 milliards d’euros à celle versée en 2007», souligne le député UMP.
Le rapporteur se fonde sur les prévisions d’endettement du gouvernement. Avec un déficit budgétaire d’au moins 5,6% du PIB cette année et l’effet boule de neige lié à la récession, le ratio de dette sur PIB devrait bondir de quatorze points en cinq ans pour atteindre 78,1% en 2012. Gilles Carrez prend comme référence un taux d’intérêt moyen de 4,4%, celui que les administrations publiques ont acquitté entre 2002 et 2007. Mais «l’aggravation des charges d’intérêt de la dette sera a fortiori encore plus marquée en phase de rétablissement conjoncturel, lorsque les investisseurs privilégieront de nouveau les actions et que les taux des emprunts d’Etat devront augmenter pour demeurer attractifs», prévient le rapporteur.
Dans l’immédiat, la faiblesse des taux permettra de stabiliser en 2009, à 43 milliards d’euros, la charge de la dette, pour un encours de dette négociable qui devrait dépasser les 1.100 milliards en fin d’année. Le processus de désinflation devrait même «générer d’importantes économies sur la fraction de la dette indexée sur l’inflation», à rebours du surcoût enregistré en 2008 lorsque l’indice des prix s’était envolé.
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