«La France est loin d’avoir réalisé autant d’efforts que l’Espagne ou l’Italie»
Vincent Guenzi, directeur de la stratégie chez Cholet-Dupont
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Pourquoi de nouvelles baisses de taux de la BCE vous semblent-elles envisageables?
Vincent Guenzi : La croissance en zone euro reste très faible. Le retour de la confiance insufflé par la BCE avec ses programmes de LTRO, a permis d’écarter le spectre d’une profonde récession, mais les impacts récessifs des programmes d’austérité subsistent. L’exemple récent de l’Espagne, qui a demandé un délai supplémentaire pour réduire son déficit budgétaire, illustre bien ce risque. La croissance devra sans doute être stimulée à nouveau si l’assouplissement quantitatif (QE en anglais) européen ne s’avère pas plus efficace que le QE américain sur ce plan. Cependant, le contexte actuel, plus favorable, et la persistance de l’inflation, repoussent probablement à plus tard tout nouveau geste de la BCE.
Faut-il craindre une nouvelle crise des dettes européennes ?
Vincent Guenzi : La question grecque est provisoirement réglée. L’Italie reste sur une trajectoire d’amélioration. La situation espagnole est moins favorable, sans inquiéter les marchés aujourd’hui. Au titre des prochains écueils figurent les élections grecques et françaises. En Grèce, le déblocage des fonds européens est lié au respect de contraintes économiques et budgétaires. Il ne faudrait pas cela soit abandonné à la suite du prochain vote. La France nous semble être loin d’avoir réalisé autant d’efforts que l’Espagne ou l’Italie et pourtant nos taux à 10 ans sont inférieurs de 2 à 3 points. La remise en cause du Traité européen par une nouvelle majorité ou une réduction insuffisante des dépenses publiques pourraient entraîner une remontée de nos taux. Une nouvelle crise européenne pourrait en résulter.
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