La France devrait échapper à la récession au premier semestre 2012
L’Insee a revu en légère hausse son scénario économique pour la France d’ici juin 2012 dans sa dernière note de conjoncture, après avoir noté la bonne résistance de l’activité au dernier trimestre (+0,2% réalisé contre -0,2% anticipé en décembre). Cette performance meilleure que prévu reflète une demande finale hors stocks restée dynamique grâce à des grands contrats à l’export, au rebond surprise de l’investissement des entreprises et à une hausse des dépenses de construction.
Le premier semestre devrait être caractérisé par un essoufflement du pouvoir d’achat des ménages sous l’effet de la hausse des prélèvements obligatoires et d’une poursuite de la dégradation du marché du travail, avec un taux de chômage atteignant 9,7% au début de l’été. En dépit d’un léger repli du taux d’épargne, la consommation des ménages serait quasi-atone sur la période. Tandis que la demande adressée à la France resterait freinée par la faiblesse de l’environnement européen, «la production manufacturière se contracterait d’un demi-point au premier trimestre avant de faiblement rebondir entre avril et juin (+0,3%)».
Au total, la progression du PIB est dorénavant attendue nulle à fin mars (contre -0,1% auparavant) et elle repartirait modérément au deuxième trimestre (+0,2% contre 0,1%). L’acquis de croissance à fin juin s’élèverait donc à 0,5% selon ce scénario. Celui-ci est entouré de deux aléas principaux, à savoir l’absence d’une nouvelle détérioration sur les marchés financiers de la zone euro et «les prix du pétrole à nouveau soumis à un risque géopolitique élevé». Dans ce contexte, le gouvernement a relevé hier soir à 0,7% sa prévision de croissance pour l’ensemble de 2012, contre 0,5% précédemment, et a abaissé celle pour 2013 à 1,75%. L’institut COE-Rexecode, qui partage ce diagnostic dans ses dernières projections économiques, table de son côté sur une croissance de 0,6% pour l’ensemble de 2012 en France contre une récession de 0,2% dans la zone euro.
Alors que l’inflation sous-jacente se stabiliserait à 1,4% à l’horizon de juin 2012 en raison des pressions à la hausse sur le chômage, la hausse globale des prix à la consommation atteindrait 2,2% sous l’effet de prix énergétiques toujours élevés, indique l’Insee qui retient une hypothèse de 120 dollars le baril pour le prix du pétrole. Un niveau assez proche de la progression de 1,9% de l’inflation attendue par COE-Rexecode sur l’ensemble de l’année.
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