La France devra lever 12,9 milliards d’euros supplémentaires à partir de 2011
En passant de 30 à 80 milliards d’euros, le plan grec a fait monter proportionnellement la contribution de chaque pays de l’Union européenne. La part de la France, dont le projet de loi a été validé en Assemblée nationale hier soir, égale à celle qu’elle détient dans la BCE, atteint 20,7%, soit 16,8 milliards d’euros, au lieu des 6,3 milliards d’euros prévus initialement. L’aide passera par la conclusion de contrats de prêts bilatéraux avec la Grèce, coordonnés par la Commission européenne.
Pour 2010, la France fournira 3,9 milliards d’euros. Cette part du financement est déjà couverte en grande partie grâce aux primes (2,4 milliards d’euros) dégagées sur les emprunts déjà placés par l’Agence France Trésor (AFT) et intégrée dans le projet de loi de Finances rectificative (PLFR). Pour les trois années suivantes, en revanche, il faudra aller chercher les fonds sur les marchés, creusant probablement un peu plus les besoins en financement de la France.
«La première année, nous n’aurons pas besoin de modifier notre programme d'émissions obligataires [ndlr, 188 milliards d’euros à moyen-long termes nets des rachats]. Sur 2011, 2012 et une partie de 2013, il faudra en revanche l’augmenter pour lever sur les marchés les 12,9 milliards d’euros supplémentaires», a expliqué Christine Lagarde, la ministre de l’Economie et des Finances dans une interview au Monde.
Reste que pour apprécier le véritable impact de ce surplus, il faudra le rapporter aux besoins en financement et aux programmes d’émissions obligataires de l’après 2010.
Le prêt aux Grecs s’effectuera sur trois ans, au taux fixe de 5%. «Si la durée du prêt dépasse trois ans, le taux passera à 6%, pour inciter à un remboursement rapide», a expliqué la ministre.
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