La force du dollar australien inquiète ses partenaires commerciaux
Dans un rapport publié ce matin, l’OCDE incite la Banque centrale australienne, la RBA, à baisser ses taux pour enrayer la hausse du dollar australien (AUD). «La conduite de la politique monétaire doit tenir compte de la pression qui s’exerce sur sa devise. Une moindre sensibilité de la devise à la chute du prix des matières premières pourrait nécessiter de nouvelles baisses de taux pour soutenir la demande» explique ainsi l’institution.
La RBA a durci son discours contre la force de sa devise qui bénéficie d’un différentiel de taux favorable face aux pays lancés dans des politiques de taux zéro et d’assouplissement quantitatifs, et de sa qualité de crédit, solidement ancrée en zone AAA. « La vigueur de l’AUD qui découle du boom du secteur minier impose à l’économie des changements structurels considérables», estime l’OCDE. Malgré la baisse des taux directeurs, la devise, à 1,0532 contre le billet vert, est en hausse de 10% depuis début juin et s’approche du niveau de 1,08 atteint en début d’année. L’OCDE prévoit une croissance de 3,75% cette année et 3% en 2013 et 2014.
Dans ce contexte, l’importance prise par le dollar australien est telle que le FMI envisage de lui réserver, ainsi qu’au dollar canadien, un statut particulier égal à celui des cinq grandes devises (dollar, euro, livre, yen et franc suisse) dans ses analyses trimestrielles des réserves de change. Jusqu'à présent, elle était noyée dans la catégorie des «autres devises». Les inquiétudes suscitées par ce renforcement ont motivé la dernière baisse de taux de la RBA, alors que la croissance reste très dépendante de la demande extérieure, notamment chinoise, et qu’elle souffre d’une baisse des prix des matières premières qui n’est pas compensée par un affaiblissement équivalent de sa devise.
Pourtant, selon l’AFR, la RBA subirait d’intenses pressions de la part des banques centrales partenaires pour privilégier une intervention sur le marché des changes plutôt que la baisse des taux directeurs, qui entraîne, selon elles, une distorsion du marché des actifs locaux et un excès de création de crédits. «Un processus difficile à renverser» et qui incite les banques centrales à hausser le ton sans pour autant prendre de mesures concrètes, alerte Citigroup. Les investisseurs bénéficieraient ainsi d’une manne d’actifs en dollars australiens pour diversifier leur portefeuille et cèderaient en contrepartie des dollars, des euros ou des yens. En revanche, l’opération semble moins avantageuse pour la RBA, qui obtiendrait « en échange de ses AUD un panier de devises en chute libre », estime Citigroup.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs -
Le jour d'aprèsAssurances et mégafeux : tout le monde sera indemnisé, ou presque
Une fois les feux maîtrisés, les milliers de personnes évacuées pourront retrouver leur domicile. Certains décrouvriront des dégâts de grande ampleur. Se pose alors la question de l'indemnisation