La force de la livre accroît la probabilité d’un nouvel assouplissement de la BoE
L’économie britannique a-t-elle besoin d’un nouveau coup de pouce de la BoE? Même si l’ensemble des neuf membres du Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre ont voté en faveur du statu quo lors de sa dernière réunion des 1er et 2 août derniers, certaines voix se sont élevées en faveur d’un nouvel assouplissement.
Les minutes de la BoE publiées mercredi ont révélé que certains de ses membres ont vu «de bonnes raisons» d’augmenter la taille du programme de rachats d’actifs (QE), déjà porté à 375 milliards de livres sterling un mois auparavant. Lors d’un déplacement en Irlande du Nord, Paul Fisher, un des membres du MPC, a précisé : «Si nous considérons que de nouveaux assouplissements sont nécessaires, nous le ferons, mais le QE est le moyen le plus efficace pour soutenir l’économie», écartant ainsi toute baisse des taux directeurs.
La récession que traverse l’économie britannique est la première raison évoquée en faveur d’un nouvel assouplissement. Le MPC a en effet estimé que la croissance de «l'économie mondiale a poursuivi son ralentissement» et que «des risques très considérables» continuent de peser sur la zone euro.
Cependant, la banque centrale, qui ne table plus que sur une croissance de 2,1% sur les deux prochaines années, semble attendre de voir les effets des dernières mesures, notamment du programme d’offres de financement à bas coûts pour les banques du pays (FLS). «Un certain nombre de banques ont déjà annoncé des réductions des taux sur un certain nombre de prêts hypothécaires et aux PME» a-t-elle indiqué. Et d’ajouter que «cela pourra demander du temps, cependant, avant qu’il soit possible de juger avec confiance de l’impact du programme sur les prêts».
Malgré ces inquiétudes, la livre sterling a gagné près de 16% contre euro sur les douze derniers mois et 6,7% depuis le début de l’année, pour coter hier à 0,7814. Une situation qui a incité la BoE, pour la deuxième fois en deux semaines, à sortir de sa réserve en indiquant que la force de la livre contre euro pourrait compromettre les chances du pays de sortir de la récession grâce au commerce extérieur.
Mais la chute de l’euro est plus prononcée que face à d’autres devises, et ses marges de manœuvre semblent limitées. Le dollar australien a atteint un niveau record contre euro, et les couronnes suédoise et norvégienne sont à un plus haut de 12 et 9 ans.
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