La flambée du pétrole plombe les résultats futurs de British Airways
La marge d’exploitation de la compagnie aérienne devrait tomber de 10 % en 2008 à 7 % en 2009. L’action cède plus de 7 % à Londres
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Bruno de Roulhac
« Notre aptitude à compenser la hausse des coûts du carburant l’an prochain sera mise à l'épreuve », déclarait British Airways le 1er février dernier. Un mois plus tard, alors que le baril de brut flirte avec les 106 dollars, la compagnie se rend à l’évidence en lançant un avertissement sur son exercice 2008-2009. La marge d’exploitation devrait tomber à 7 %, contre 10 % attendu pour l’exercice clos fin mars 2008. « La société signale ainsi aux analystes que le consensus est encore trop haut », commente JPMorgan. Le consensus Bloomberg attend actuellement une marge de 7,2 %. Ce nouvel objectif suppose « un résultat d’exploitation (Ebit) d’environ 640 millions de livres en 2009, avec un BPA de 40 pence, loin de nos prévisions de 792 millions et de 49 pence », précise le bureau ESN.
De fait, la compagnie aérienne anticipe une charge supplémentaire de 450 millions de livres des coûts de carburant à 2,5 milliards de livres (3,3 milliards d’euros), soit une hausse de 20 %. Sans compter une augmentation de 3 % à 3,5 % des autres coûts, soit 200 millions de livres supplémentaires. « Les perspectives pour le prochain exercice sont cohérentes avec le ralentissement économique, l’impact de l’augmentation des coûts des carburants et les coûts exceptionnels liés à la transition vers le Terminal 5 [de Londres Heathrow] », explique Keith Williams, directeur financier de BA.
Pas d’inquiétude particulière en revanche de la part d’Air France-KLM. Pour l’exercice 2008-2009, la compagnie franco-néerlandaise a couvert 75 % de sa consommation pétrolière à 60 dollars le baril, sur la base d’un euro/dollar à 1,45. Soit une facture pétrolière globale (après couvertures) de 4,94 milliards d’euros, en hausse de 8,3 %. Sur les neuf premiers mois de l’exercice clos fin mars, la marge d’exploitation ajustée d’Air France-KLM a atteint 8,7 %, après 6,3 % sur l’exercice 2006-2007. Le 22 mai prochain, lors de ses annuels, la compagnie pourrait dévoiler ses prochains objectifs.
Sur l’exercice qui débutera le 1er avril, British Airways anticipe une hausse de 4 % à 4,5 % de son chiffre d’affaires à plus de 9,1 milliards de livres grâce à une hausse de 2,4 % des sièges kilomètre offert, (contre une hausse de 3 % à 3,5 % attendue en 2007-2008. Initialement, le groupe espérait 5 % de hausse).
En recul de 7,55 %, British Airways a entraîné dans son sillage Air France-KLM (-5,93 %), et Lufthansa (-3,47 %).
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