La finance joue un rôle dans la chute des prix du pétrole
La baisse exceptionnelle des prix du pétrole depuis le milieu de l’année 2014 ne s’explique pas de manière satisfaisante par les changements dans la consommation et la production de l’or noir, selon la Banque des règlements Internationaux (BRI). Dans un rapport sur la liquidité globale publié ce week-end, l’organisation qui regroupe les autorités monétaires internationales estime que la chute des prix est aussi due aux comportements des acteurs des marchés financiers et à l’endettement croissant des entreprises du secteur pétrolier.
Depuis la mi-2014, les prix du baril du pétrole ont plongé de près de 50% en dollars alors qu’ils étaient restés presque stables durant les quatre années précédentes, autour de 100 dollars le baril de brut. «Depuis la mi-2014, la production de pétrole a été dans la ligne des anticipations et la consommation a été simplement un peu plus faible que prévu», souligne cependant la BRI. A ses yeux, «la récente décision de l’Opep de ne pas réduire la production a été clé pour la chute des prix» sachant que «comme pour les autres actifs financiers, les mouvements de prix du pétrole sont influencés par les changement d’anticipations sur les conditions de marché futures».
Mais l’explication à la chute des prix doit aussi être recherchée du côté de l’endettement croissant des acteurs du secteur pétrolier. «Une chute des prix affaiblit le bilan des producteurs et resserre les conditions de crédit, ce qui exacerbe potentiellement la chute des prix du fait de la vente d’actifs pétroliers (par exemple, plus de production est vendue à l’avance)», peut-on lire dans le rapport. Par ailleurs, «le service de la dette pourrait entraîner une production continue de pétrole pour maintenir les flux de cash, ce qui reporterait la baisse de l’offre sur le marché».
La BRI fait aussi valoir que, depuis 2010, les producteurs de pétrole ont eu un recours accru aux intermédiaires financiers pour se couvrir sur le marché des dérivés. Compte-tenu de l’endettement des acteurs du secteur et du renforcement de la volatilité, les intermédiaires financiers pourraient être devenus plus réticents à aider les producteurs à se couvrir.
En réponse «les producteurs pourraient s’être tournés vers les marchés de dérivés directement, sans passer par des intermédiaires», écrit la BRI. «Ce changement dans la liquidité des marchés de couverture pourrait avoir joué un rôle dans la dynamique récente des prix».
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