La finance de l’ombre étend son emprise sur l'économie chinoise
Le «shadow banking» se déplace dans l'économie chinoise. S’inquiétant de l’explosion des financements par le biais de trusts, eux-mêmes financés par les banques, les autorités chinoises auraient ouvert la porte courant 2012 à un autre type d’acteurs: les sociétés de courtage, selon le Financial Times. «En août, on nous a demandé de commencer à allouer davantage de fonds aux sociétés de courtage actions dans la mesure où ce canal était plus ouvert» indique au journal un gérant d’une banque chinoise de taille moyenne.
Conséquence: sur l’année 2012, le financement de l’ombre par l’intermédiaire des courtiers chinois se serait envolé de près de 600%. La semaine dernière, l’association des courtiers du pays estimait en effet que le secteur détenait 2.000 milliards de yuans (240 milliards d’euros) de fonds administrés transférés par les banques pour alléger le poids de leurs actifs, soit sept fois plus que montant affiché début 2012. Sur le seul quatrième trimestre, les courtiers chinois auraient ainsi reçu 1.000 milliards de yuans de fonds administrés de la part des banques.
Une nouvelle preuve de l’extension des risques de la finance de l’ombre à l’ensemble des canaux financiers de l’économie chinoise. Les banques traditionnelles ne fournissaient plus que 52% des crédits en Chine l’année dernière, contre 95% en 2002, alors que dans le même temps le montant des crédits a été multiplié par huit. Le poids des activités de «shadow banking» aurait atteint 30.000 milliards de yuans, avec une hausse des crédits bancaires de 8.200 milliards en 2012, la deuxième plus forte hausse de l’histoire du pays.
Les courtiers interviennent en tant qu’acteurs passifs lors de transferts d’actifs orchestrés par les banques consécutivement à la vente de produits de gestion de fortune offrant des rendements élevés, produits très en vogue pour capter les dépôts des clients chinois. La valeur du total de ce type de produits a explosé pour passer de 300 milliards de yuans en 2011 à 1.000 milliards en 2012.
Ces opérations permettent aux banques de sortir des actifs de leur bilan, en contrepartie de faibles commissions payées aux courtiers qui reçoivent des directives d’investissement strictes. Le risque est pourtant sensible pour les courtiers qui financent ainsi les entreprises qui ne peuvent pas lever de fonds, même si le poids du secteur dans le total des actifs reste limité à 1,6%.
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