La fin des refi à un an de la BCE pourrait entraîner une hausse des taux longs
Eric Bourguignon, responsable de la gestion taux de Swiss Life Asset Management
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Violaine Le Gall
L’Agefi : Quel sera l’impact du probable arrêt des opérations de refinancement à un an de la BCE en 2010 ?
Eric Bourguignon : Les montants considérables alloués par la BCE dans le cadre de ces opérations de refinancement ont permis aux banques européennes de trouver des ressources quasiment illimitées à des conditions extrêmement favorables à un moment où le dysfonctionnement du marché monétaire était à son comble. L’arrêt de ces opérations devrait se traduire assez mécaniquement par une remontée de l’Eonia et de toute la courbe des taux interbancaires. Mais cette hausse du coût de refinancement pourrait entraîner dans son sillage une hausse des taux longs, car une part significative des sommes ainsi recueillies était jusque-là réinvestie par les banques sur le marché de la dette publique dans le cadre d’opérations de transformation.
Pourquoi tablez-vous sur une remontée des taux longs américains à un horizon de six mois ?
Le marché obligataire américain profite actuellement du soutien que lui apporte directement la Réserve Fédérale en acquérant elle-même des titres sur le marché, ou indirectement en incitant les banques à le faire. Il bénéficie également de la politique de change de la Chine qui consiste à recycler le colossal excédent commercial qu’elle dégage, en achetant des Treasuries. Mais ces facteurs ne sont pas forcément pérennes, et nous estimons que les taux longs qui sont aujourd’hui maintenus artificiellement bas par ces acteurs majeurs, devraient effectivement remonter à terme en raison de l’inquiétante dégradation de la situation financière des Etats-Unis, et des menaces qui pèsent sur le statut du dollar en tant que monnaie de réserve internationale.
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