La Fed va devoir arrêter sa stratégie de normalisation monétaire
La réunion du FOMC qui s’achève demain permettra à la Fed d’affiner sa stratégie de sortie des taux zéro. «A l’approche de la première hausse des taux, la Fed souhaite s’assurer qu’elle dispose des outils nécessaires, de la bonne taille des opérations pour que les outils permettent de stopper la baisse du taux Fed funds effectif, et parviennent à le maintenir dans sa fourchette cible», explique ainsi SG CIB.
Elle s’est en effet engagée dans plusieurs exercices de reprise de liquidités: prises de titres en pension («reverse repo») à terme et au jour le jour («ON RRP»), et facilité de dépôt à terme (TDF).
«Jusqu’ici, même avec son plafond de 300 milliards de dollars, le programme ‘ON RRP’ est parvenu à stopper la chute du taux Fed funds effectif» à 12 points de base en moyenne depuis début décembre dernier, indique SG CIB. Les dernières opérations TDF à 21 jours à un taux de 28 pb ont en revanche été marquées par une chute de la participation sous le seuil des 200 milliards. «Les récents tests opérationnels montrent que les banques sont sensibles au taux et à l’échéance de l’opération, cherchant à optimiser leurs rendements et respecter les exigences légales de bilan», explique SG CIB.
«L’évolution du marché pourrait être très différente avec des rendements plus élevés», le risque étant que les taux monétaires se maintiennent durablement sous le taux «ON RRP», alerte néanmoins SG CIB. Si le FOMC envisage une hausse du plafond sur l’«ON RRP», SG CIB estime qu’il devra être porté à 1.000 milliards pour faire remonter les taux courts après la première hausse des Fed funds à 25-50 pb. Il devra être accompagné d’un relèvement du taux des réserves excédentaires (IOFER) à 50 pb et sur les opérations «ON RRP» à 30 pb «afin de donner à la Fed plus de flexibilité pour maintenir le taux effectif dans la fourchette cible».
Une gestion qui devra précéder le processus de réduction du bilan de la Fed, passé de 900 milliards de dollars fin 2008 à 4.500 milliards, soit une hausse équivalente à 21% du PIB américain, «avec des effets majeurs sur les rendements», rappelle BNP Paribas. La banque anticipe un rythme de réduction du bilan («tapering») de 10 milliards par mois, avec un impact à la hausse qui serait limité à 5 pb sur le taux à 10 ans et équivalent à une seule hausse des Fed funds par an. Ce processus, passant par la fin du réinvestissement des coupons, pourrait démarrer en 2016, 320 milliards de titres détenus par la Fed arrivant à maturité.
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