La Fed réussit à faire revenir les marchés dans le rang
Le ton toujours relativement accommodant des membres du FOMC dans les minutes de la dernière réunion de la Fed publiées mercredi soir ont permis d’accentuer le répit observé depuis le début de la semaine sur le dollar. Après avoir atteint un plus haut de 86,75 lundi, l’indice DXY contre les quatre autres principales devises s’est ainsi replié de 1,8% cette semaine. Le billet vert a chuté de 2,4% contre euro depuis lundi pour revenir flirter avec le seuil de 1,28 hier, et de 1,7% contre yen à 107,9 après avoir tutoyé les 110. Avant cette légère correction, le dollar avait pourtant gagné 9,4% contre euro et 7,3% contre yen.
Les minutes ont confirmé une inquiétude croissante au sein du FOMC concernant le risque de sur-réaction du dollar face au ralentissement de la croissance et de l’inflation en zone euro. Ceci pèserait sur le commerce extérieur, mais surtout sur la trajectoire de retour de l’inflation américaine vers l’objectif de 2%. Si la Fed se refuse toujours de s’engager sur une date et souhaite ajuster sa politique à l’évolution des données macroéconomiques, le président de la Fed de New York, William Dudley, qui a le premier évoqué les risques liés à la hausse du dollar, a précisé que le milieu de l’année 2015 serait certainement le moment opportun pour procéder à la première hausse des taux Fed funds.
Pourtant, les contrats Fed funds ont décalé de 6 pb hier et n’accordent plus qu’une probabilité de moins de 50% à un premier geste sur l’échéance juillet 2015, alors que les contrats euro-dollar ont même progressé de 17 pb depuis un mois pour ne plus accorder foi à un relèvement en juin 2015. «Les minutes ont entraîné un assouplissement monétaire modeste, et peut-être involontaire, avec des marchés qui ont décalé leurs anticipations du premier resserrement des taux américains au mois d’août 2015», explique BNP Paribas CIB.
Le récent repli du dollar coïncide ainsi avec la baisse du rendement des Treasuries à 2 ans de 12 pb observée depuis une semaine. A 50 pb, le spread avec le rendement du Schatz allemand à 2 ans s’est détendu de 15 pb depuis le début du mois pour revenir sur ses niveaux du 22 août lorsque la parité euro-dollar se situait autour de 1,32. Une tendance qui s’est également propagée à la partie 10 ans de la courbe américaine, avec une détente du rendement de 14 pb depuis le début de la semaine et un passage sous le seuil des 2,30% pour la première fois depuis décembre 2013.
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Survivalisme« Sans primaire, ce sera l’apocalypse chez nous » : chez les Ecologistes, Marine Tondelier acculée par ses opposants internes
Le « there is no alternative » à la primaire de Marine Tondelier ne suffit pas à ramener l’ordre dans la maison écologiste. A mesure que l’illusion d’une candidature commune se dissipe, la numéro 1 des Verts se voit contrainte de sortir de l’ambiguïté : peut-elle faire cavalier seul en 2027 ? Si oui, en a-t-elle les moyens ? Sinon, derrière qui se ranger pour négocier un accord législatif sans se renier ? -
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique -
Seine colèreEnseignement libre : la gauche tentée de rallumer la guerre scolaire en commençant par Paris
Les Parisiens n’ont pas fini de voir des parents protester contre des fermetures de classes. La capitale sera la ville de France où le choc démographique sera le plus brutal. Il y a désormais plus de décès que de naissances dans l’Hexagone. Les projections nationales évaluent la baisse prévisible du nombre des élèves à 1,7 million à l’horizon 2035.