La Fed reste sur un statu quo, sur fond de coronavirus
Pas de vagues pour l’instant. La Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé sa politique monétaire inchangée mercredi, à l’issue de sa première réunion de l’année. L’objectif de taux des fonds fédéraux (Fed funds) est resté fixé entre 1,5% et 1,75%, comme attendu par les économistes. Comme en décembre dernier, l’institution juge le taux actuel des Fed funds approprié pour soutenir la croissance de l’activité économique.
La Fed dit se baser sur la poursuite d’une croissance modérée de l'économie américaine et sur la robustesse du marché du travail. «Les créations d’emploi ont été solides (...) et le taux de chômage est demeuré bas», indique le communiqué du comité de politique monétaire (FOMC) de la banque centrale, publié à l’issue de deux jours de débats. L'évaluation de la conjoncture fournie par la banque s’est toutefois avérée plus mitigée, son communiqué publié mercredi évoquant une consommation «modérée» au lieu de «solide» en décembre et soulignant la faiblesse persistante de l’investissement.
Après avoir baissé ses taux à trois reprises l’an dernier, la Fed avait induit qu’elle interrompait le cycle d’assouplissement de sa politique, et que seul un choc économique «important» pourrait la conduire à modifier de nouveau les taux.
La Fed n’a pas non plus indiqué vouloir modifier sa politique de rachat chaque mois pour 60 milliards de dollars (54,50 millliards d’euros) de bons du Trésor à court terme (Treasury Bills) afin d’assurer la liquidité du marché interbancaire. La banque centrale a relevé par ailleurs de cinq points de base, à 1,60%, l’intérêt qu’elle paye aux banques pour leurs réserves excédentaires.
En revanche, les gouverneurs guettent déjà l’impact potentiel de risques liés à l'épidémie de coronavirus apparue récemment en Chine, qui a fait craindre un ralentissement plus marqué de la deuxième économie mondiale. Très neutre, le communiqué de la Fed ne mentionne pas le coronavirus. Mais le président de la Fed, Jerome Powell, lors de sa conférence de presse, l’a qualifié de «problème très sérieux» surveillé par son institution. «Si de nouveaux développements entraînent une réévaluation sensible de nos perspectives, nous réagirons de manière appropriée», a-t-il ajouté.
Les indices de Wall Street, stables à l’issue du communiqué, ont réduit leurs gains après ces déclarations. L’indice Dow Jones a terminé sur un gain de 0,04%, le S&P 500 a reculé de moins de 0,1%, et le Nasdaq a gagné 0,06%. Le marché obligataire a aussi réagi, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans accentuant ses pertes pour céder cinq points de base à 1,59%.
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