La Fed pourrait renoncer à lier la hausse des taux à la baisse du chômage
Les économistes s’attendent à ce que la Réserve fédérale opte demain pour une politique d’orientation des anticipations (forward guidance) plus qualitative
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Solenn Poullennec
Réunis aujourd’hui et demain, les membres du comité politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) devraient décider, selon un grand nombre d’économistes, d’ajuster leur politique d’orientation des anticipations (forward guidance). A l’occasion de la première réunion, présidée et commentée par Janet Yellen, le FOMC devrait aussi annoncer une nouvelle baisse de 10 milliards de dollars des achats d’actifs mensuels, à 55 milliards.
Les minutes du FOMC de janvier ont confirmé que les banquiers centraux souhaitaient revoir leur «foward guidance» établie en décembre 2012. La Banque d’Angleterre (BoE) a déjà modifié sa communication en février en ne se référant plus à un seuil de chômage mais aux capacités de production inutilisées, comme le fait la BCE depuis mars. La promesse faite par la Fed de reconsidérer le niveau des taux (0-0,25%) lorsque le taux de chômage passerait en dessous de 6,5% est devenue d’autant plus gênante que son déclin rapide (il était à 6,7% en décembre) pourrait être trompeur.
«Certains participants ont plaidé pour une politique d’orientation des anticipations basées sur des seuils dans la lignée de ceux qui ont déjà été fixés, tandis que d’autres ont plaidé pour une approche qualitative qui fournirait des informations supplémentaires sur les facteurs qui devraient guider les décisions du comité», expliquent les minutes de janvier dernier. Elles ajoutent que plusieurs membres du FOMC ont plaidé pour se référer à la stabilité financière ou à une inflation restant de manière persistante en dessous des 2%.
Pour beaucoup d’économistes, la Fed devrait opter pour une communication plus qualitative. Selon celui de Deutsche Bank, Joseph Lavorgna, elle devrait utiliser une série d’indicateurs du marché de l’emploi tels que ceux cités par Janet Yellen dans un discours en mars dernier: la croissance de l’emploi, les statistiques sur les personnes qui perdent leur emploi ou le quittent volontairement, etc. Tout en abandonnant le seuil de 6,5% de taux de chômage, la Fed pourrait continuer à assurer que les taux resteront bas, tant que l’inflation à un ou deux ans, n’est pas de 0,5% supérieure à la cible de 2%, selon la recherche de Crédit Agricole CIB.
La Fed publiera aussi mercredi ses projections économiques. Les marchés guetteront les indications qui leur permettront de déterminer si les signes de relative faiblesse de l’activité en ce début d’année sont seulement dus au mauvais temps.
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