La Fed pourrait étendre l’opération «Twist» dès sa réunion de juin
Twist again.» C’est le refrain qui trotte dans la tête de certains analystes américains à la veille de la nouvelle réunion du comité de politique monétaire de la Fed mercredi. Ils sont plusieurs à attendre un prolongement du programme d’allongement de la maturité du portefeuille de Treasuries de la banque centrale, plutôt qu’un nouvel assouplissement quantitatif QE3.
L’opération Twist a été lancée en septembre dernier et devait durer jusqu’à la fin du mois de juin. Pour tirer les taux longs à la baisse, elle prévoit la vente de Treasuries de maturité égale ou inférieure à 3 ans et l’achat de titres de 6 à 30 ans.
Devant le Congrès début juin, le président de la Fed, Ben Bernanke est resté très prudent sur l’emploi de nouvelles mesures non conventionnelles, mais cela n’empêche pas les analystes d’énumérer les raisons qui justifieraient un allongement du Twist plutôt qu’un QE3. Certains s’attendent d’abord à ce que la banque centrale révise ses prévisions de croissance à la baisse. En avril, elle tablait sur une augmentation du PIB de 2,7% en 2012 et 2,9% en 2013. Pour les analystes de BNP Paribas, ces objectifs seront difficiles à atteindre car la croissance devrait être de 1,8% au second trimestre (contre 1,9% au premier). «La Fed devrait conclure qu’un nouvel assouplissement est nécessaire pour s’assurer que le taux de chômage continue de baisser et que l’inflation ne passe pas en dessous de la cible de 2%», assure Jeremy Lawson.
Selon l’économiste de Crédit Agricole CIB, Michael Carey, la Fed devrait se lancer dans un nouveau «Twist» de 200 milliards de dollars, en sus des 400 milliards déjà annoncés. «Cela lui permettrait de gagner du temps pour analyser les données économiques à venir», écrit-il. Au contraire, un QE3 risque d’augmenter encore le bilan de la banque centrale alors que son portefeuille de titres a crû de 225% depuis 2007. Un nouvel élargissement risquerait aussi d’attiser les craintes inflationnistes et de compliquer la stratégie de sortie de la Fed.
Pour l’analyste de Barclays, Michael Gapen un QE3 est peu probable à ce stade car «le ralentissement de la croissance et le resserrement des conditions sur les marchés financiers sont modestes si on les compare à ce qui se passait avant le QE2 et l’opération Twist». Il estime que la Fed pourrait même accroître sa force de frappe de 350 à 400 milliards de dollars en cédant des titres jusqu’à 4 ans.
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