La Fed plus optimiste pour l'économie américaine
La Réserve fédérale américaine avance à son rythme. Comme le prédisaient les économistes, le Comité de politique monétaire (FOMC) a refusé de préciser ses intentions malgré des indicateurs économiques plutôt encourageants dernièrement. Tout juste a-t-il pris acte de cette amélioration en soulignant une croissance «modérée», là où il employait précédemment le terme «modeste», et en supprimant toute mention d’un «certain ralentissement de la croissance mondiale». Il a également insisté sur les progrès du marché de l’emploi, avec des conditions qui se sont «améliorées davantage».
Alors que le taux de chômage est resté stable en février à 8,3%, après un plus bas depuis février 2009 le mois précédent, la Fed a fait état d’un déclin «notable» au cours des derniers mois même si son niveau reste élevé. Devant les parlementaires américains, Ben Bernanke s'était gardé de tout excès d’optimisme le mois dernier, affirmant que le marché de l’emploi restait «loin de la normale».
Pousuivant son analyse de la conjoncture, la Fed a indiqué que les dépenses des ménages et, petite nouveauté, les investissements des entreprises, ont continué de progresser, tandis que le secteur immobilier reste déprimé. Un indicateur est venu confirmer hier cette bonne tenue de la consommation. Selon le département du Commerce, les ventes au détail ont augmenté de 1,1% au total en février, leur gain le plus élevé depuis septembre dernier.
Le FOMC a pris d’ailleurs bonne note de l’augmentation récente des prix du pétrole brut et de l’essence. Une tendance qui devrait selon lui «faire remonter l’inflation temporairement». Il continue toutefois de penser que les anticipations d’inflation à long terme sont restées stables. Malgré cette tonalité plus optimiste, le cap d’une politique monétaire hautement accommodante reste d’actualité, avec des Fed funds proches de zéro au moins jusqu'à la fin 2014 - une décision contre laquelle s’est élevé Jeffrey Lacker, le président «faucon» de la Fed de Richmond - et la poursuite de l’opération Twist, du nom de cette phase de rééquilibrage du portefeuille obligataire qui doit arriver à son terme en juin.
Aucun indice n’a donc filtré sur la suite des événements, alors qu’on évoquait ces dernier jours l’hypothèse d’un nouveau round d’assouplissement monétaire sous la forme d’une stérilisation de ses interventions. Selon Julien Thomas, économiste chez Natixis, «la Fed pourrait être sur une ligne ‘wait and see’ afin de tester la durabilité de l’amélioration actuelle du marché de l’emploi. Par conséquent, un assouplissement supplémentaire ne devrait pas être mis en place au cours du trimestre à venir». Pour Alexandra Estiot, de BNP Paribas, qui relativise l’impact de la politique monétaire sur la partie structurelle du taux de chômage, une troisième vague d’assouplissement quantitatif est encore possible, les membres du FOMC devant être plus «colombes» que «faucons» dans un avenir proche.
Le communiqué de la Fed a soutenu dans l’immédiat le moral des investisseurs, qui ont pris connaissance dans la foulée des premiers résultats des stress tests bancaires (lire ci-dessus). L’indice Dow Jones a clôturé en hausse de 1,68%, le S&P 500, plus large, a gagné de son côté 1,81% et le Nasdaq a clôturé sur un gain de 1,88%. L’indice CBOE de la volatilité est revenu à ses niveaux de la mi-2007, il a fini en repli de 5,37%. Sur le marché obligataire, le rendement du T-Note à 10 ans est monté à 2,13%, son plus haut niveau cette année, contre 2,03% la veille.
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