La Fed opte pour le statu quo mais infléchit son discours

La Réserve fédérale américaine s’est dite prête à prendre de nouvelles mesures si besoin
Patrick Aussannaire
FED federal reserve
 -  photo Fed

A la réunion mensuelle de son comité de politique monétaire qui s’est tenue hier, la Réserve fédérale américaine (Fed) a infléchi son discours, mais elle maintient pour le moment sa politique monétaire inchangée. Pas d’annonce de lancement d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif. De plus, les conditions économiques justifient toujours, selon elle, que les taux directeurs restent entre 0 et 0,25% au moins jusqu'à la fin 2014. Douchant ainsi les espoirs qu’elle puisse reculer cette date jusqu’en 2015.

Pourtant, le discours s’est ouvert. La Fed s’est en effet dite prête à «prendre de nouvelles mesures selon le besoin». Et d’ajouter que «le Comité va surveiller étroitement les informations qui sont transmises sur l'évolution économique et financière et il sera accommodant selon le besoin.» Un changement sémantique pour la banque centrale qui estimait en juin dernier qu’elle «était prête à prendre de nouvelles mesures le cas échéant».

Cet infléchissement du discours pourrait annoncer «de nouveaux rachats d’actifs à la prochaine réunion en septembre», selon BNP Paribas. Une opinion partagée par la moitié des économistes de la place, même si certains estimaient que la Fed tenait une opportunité d’agir dès le mois d’août. Barclays ne croit quant à elle à aucun de ces deux scénarios, «les bénéfices d’une telle action étant aussi faibles que les risques élevés.» Une opinion partagée par Aurel BGC qui estime que «les injections de liquidité semblent avoir atteint leurs limites.»

L’économie reste pourtant anémique. L’indice ISM de l’activité manufacturière s’est maintenu en zone de contraction à 49,8 points au mois de juillet, en hausse de 0,1 point. Les analystes tablaient pourtant sur une progression de l’indice à 50,1 points. Jusqu'à mai, l’activité manufacturière avait progressé pendant 34 mois consécutifs. L’association note en outre qu’un nombre «croissant» de responsables interrogés pour son enquête «font état d’un ralentissement de leur activité et d’une inquiétude générale provoquée par une incertitude économique grandissante».

Autre signe inquiétant: «les chiffres des revenus et des dépenses des ménages américains confirment que la consommation réelle a crû à un rythme trimestriel de seulement 0,6%» estime BNP Paribas. Des inquiétudes relayées dans le discours de la Fed qui a estimé hier que l'économie avait «quelque peu décéléré», alors qu’elle se bornait lors de ses dernières réunions à juger qu’elle «progressait modérément».

Mais ce sont surtout les chiffres de l’emploi qui seront déterminants dans les décisions futures de la Fed. L’enquête ADP a donné quelques espoirs avec 163.000 emplois créés en juillet, contre 120.000 postes anticipés par le consensus. Sur ce point, les membres du FOMC ont témoigné leur inquiétude, le taux de chômage peinant à descendre sous les 8,2%.

Dans ce contexte, certains économistes commencent à anticiper des mesures ciblées sur l’immobilier. «L’annonce d’un ‘QE3' investi sur les obligations d’Etat ou de RMBS serait très positif pour la Bourse à court terme», estime ainsi Aurel BGC. Et BIL Finance d’expliquer que «c’est de là que tout est parti et c’est encore ce domaine qui pèse sur le moral de millions de ménages. C’est en outre un frein majeur à la mobilité géographique qui entrave la reprise de l’emploi.»

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