La Fed opte pour le statu quo mais infléchit son discours
A la réunion mensuelle de son comité de politique monétaire qui s’est tenue hier, la Réserve fédérale américaine (Fed) a infléchi son discours, mais elle maintient pour le moment sa politique monétaire inchangée. Pas d’annonce de lancement d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif. De plus, les conditions économiques justifient toujours, selon elle, que les taux directeurs restent entre 0 et 0,25% au moins jusqu'à la fin 2014. Douchant ainsi les espoirs qu’elle puisse reculer cette date jusqu’en 2015.
Pourtant, le discours s’est ouvert. La Fed s’est en effet dite prête à «prendre de nouvelles mesures selon le besoin». Et d’ajouter que «le Comité va surveiller étroitement les informations qui sont transmises sur l'évolution économique et financière et il sera accommodant selon le besoin.» Un changement sémantique pour la banque centrale qui estimait en juin dernier qu’elle «était prête à prendre de nouvelles mesures le cas échéant».
Cet infléchissement du discours pourrait annoncer «de nouveaux rachats d’actifs à la prochaine réunion en septembre», selon BNP Paribas. Une opinion partagée par la moitié des économistes de la place, même si certains estimaient que la Fed tenait une opportunité d’agir dès le mois d’août. Barclays ne croit quant à elle à aucun de ces deux scénarios, «les bénéfices d’une telle action étant aussi faibles que les risques élevés.» Une opinion partagée par Aurel BGC qui estime que «les injections de liquidité semblent avoir atteint leurs limites.»
L’économie reste pourtant anémique. L’indice ISM de l’activité manufacturière s’est maintenu en zone de contraction à 49,8 points au mois de juillet, en hausse de 0,1 point. Les analystes tablaient pourtant sur une progression de l’indice à 50,1 points. Jusqu'à mai, l’activité manufacturière avait progressé pendant 34 mois consécutifs. L’association note en outre qu’un nombre «croissant» de responsables interrogés pour son enquête «font état d’un ralentissement de leur activité et d’une inquiétude générale provoquée par une incertitude économique grandissante».
Autre signe inquiétant: «les chiffres des revenus et des dépenses des ménages américains confirment que la consommation réelle a crû à un rythme trimestriel de seulement 0,6%» estime BNP Paribas. Des inquiétudes relayées dans le discours de la Fed qui a estimé hier que l'économie avait «quelque peu décéléré», alors qu’elle se bornait lors de ses dernières réunions à juger qu’elle «progressait modérément».
Mais ce sont surtout les chiffres de l’emploi qui seront déterminants dans les décisions futures de la Fed. L’enquête ADP a donné quelques espoirs avec 163.000 emplois créés en juillet, contre 120.000 postes anticipés par le consensus. Sur ce point, les membres du FOMC ont témoigné leur inquiétude, le taux de chômage peinant à descendre sous les 8,2%.
Dans ce contexte, certains économistes commencent à anticiper des mesures ciblées sur l’immobilier. «L’annonce d’un ‘QE3' investi sur les obligations d’Etat ou de RMBS serait très positif pour la Bourse à court terme», estime ainsi Aurel BGC. Et BIL Finance d’expliquer que «c’est de là que tout est parti et c’est encore ce domaine qui pèse sur le moral de millions de ménages. C’est en outre un frein majeur à la mobilité géographique qui entrave la reprise de l’emploi.»
Plus d'articles du même thème
-
IVO Capital Partners s’adjoint un commercial pour l’Europe du Nord
Mounji Boulahdour arrive en provenance d’Allspring Global Investments. -
Citadel Securities renforce ses équipes en Asie
Citadel Securities a recruté plus de 60 personnes cette année sur six marchés asiatiques, dont près de la moitié à Hong Kong, alors que Ken Griffin son fondateur, renforce la présence de son activité de «teneur de marché» dans la région, rapporte l’agence Bloomberg. -
La rémunération de Larry Fink reçoit un accueil mitigé de la part des actionnaires de BlackRock
Les actionnaires de BlackRock ont manifesté leur manque d’enthousiasme face aux importantes augmentations de rémunération accordées au directeur général Larry Fink et à ses principaux collaborateurs pour l’année dernière, rapporte le Wall Street Journal. -
Apex Group procède à une nouvelle nomination chez FundRock
Apex Group a nommé Kavitha Ramachandran comme directrice générale de FundRock LIS et responsable de ses activités de services aux sociétés de gestion tierces (Third-Party Management Company Services). Cette nomination s’inscrit dans une réorganisation de la gouvernance des activités de ManCo du groupe de services financier dans le Grand-Duché. Kavitha Ramachandran, jusqu’ici directrice des opérations régionales, supervisera désormais les activités de FundRock LIS en coordination avec Etienne Rougier, managing director de FundRock Management Company (FRMC). -
L'Esma propose deux candidatures pour sa présidence
L’ Autorité européenne des marchés financiers propose une Danoise et un Italien pour la présider. C'est le Conseil de l'Europe qui tranchera pour remplacer Verena Ross d'ici novembre prochain. -
Les multiples de valorisation des PME affichent une faible reprise
Les petites et moyennes entreprises non cotées se valorisent à 8,6 fois leur Ebitda, mais il est de plus en plus compliqué d’atteindre des multiples d’or de 15 fois l’Ebitda.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Jouer les prolongations en mode « Bleisure »
Entre voyage d’affaires et vacances, le « Bleisure » est la contraction des mots anglais « Business » et « leisure ». Une tendance qui fait mouche auprès d’une clientèle d’affaires et des globe-trotters dans l’âme, la GenZ en tête. -
Patrimoine« Le choc démographique va devenir un choc des successions »
Modèles familiaux bouleversés, patrimoines complexes, droit de propriété, IA... Le président de la Chambre des notaires du Grand Paris revient pour l'Opinion sur les grandes problématiques qui vont bouleverser la profession -
Les municipalités face au changement climatique
Episodes de canicule, sécheresses, inondations : l’exceptionnel est en passe de devenir la nouvelle norme et aucun territoire en France n’échappe désormais aux effets du changement climatique. Comment les élus locaux font-ils face à l’aléa ? Est-il possible d’anticiper et d’adapter les territoires à des conditions financièrement acceptables ?