La Fed n’est toujours pas prête à opter pour un nouvel assouplissement
Les minutes publiées hier montrent cependant que quelques membres du comité de politique monétaire ont opté pour un QE3 pour doper la reprise
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Patrick Aussannaire
Wait and see». Telle est la position actuelle de la Réserve fédérale américaine (Fed) concernant un éventuel troisième assouplissement quantitatif (QE3). Durant la dernière réunion du comité de politique monétaire les 24 et 25 janvier derniers, «quelques responsables» de la Fed auraient souhaité un démarrage immédiat du programme QE3 pour soutenir l'économie et l’emploi aux Etats-Unis, indiquent les minutes publiées hier soir. Une majorité de membres a néanmoins souhaité attendre et n’intervenir que dans le cas d’une détérioration de l’activité économique ou de risques déflationnistes.
Après avoir touché 1,898% avant les minutes, le rendement des obligations d’Etat américaines («Treasuries») à 10 ans est remonté à 1,931%, et le taux 30 ans à 3,091%. Le taux 2 ans reculait en revanche légèrement à 0,274%. Dans une logique de poursuite de diversification de réserves, la Chine a une nouvelle réduit sa détention de «Treasuries» au mois de décembre de 2,8% (soit 31,9 milliards de dollars), à 1.110 milliards, son plus bas niveau depuis juin 2010, selon les chiffres publiés hier par le département du Trésor américain.
Parallèlement, déçue des travaux réalisés par un certain nombre d’institutions financières pour ériger des garde-fous contre les risques systémiques sur le marché monétaire, la Fed de New-York a indiqué hier soir qu’elle comptait «accroître sa supervision directe» et restreindre le type de collatéral utilisé sur le marché interbancaire tripartite, ou «tri-party repo», qui pèse 1.670 milliards de dollars et considéré par Ben Bernanke comme une des causes de la crise de 2008. Il s’agit du cas où certains établissements externalisent la gestion du collatéral à un tiers au lieu de le transférer directement du débiteur au créancier qui en assure la garde jusqu’à l’échéance de la créance couverte.
Dans le viseur: JPMorgan et BNY Mellon qui sont les plus importants intermédiaires du marché et gèrent le règlement et la garantie des titres qui leur sont confiés. «Le montant des crédits quotidiens fournis par les banques de compensation n’a pas encore été réduit significativement, laissant ainsi inchangé le risque systémique qui lui est associé» a indiqué la Fed de New York. Elle envisage également la création d’une «facilité de financement de l’industrie» qui garantirait la liquidité des titres dans le cas du défaut d’un gérant.
L’endettement public américain - celui de l’Etat fédéral - vient de franchir cette barre, à 40.047 milliards de dollars, au moment où le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, cherche à éviter un dérapage sur les taux. Elle a doublé depuis le premier mandat de Donald Trump.
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