La Fed modère les attentes d’un nouveau tour d’assouplissement quantitatif

Le Comité de politique monétaire laisse entendre qu’un stimulus supplémentaire se fait moins souhaitable vu l’amélioration de la conjoncture
Antoine Duroyon
La façade de la "Fed" à Washington. Photo: Andrew Harrer/Bloomberg
La façade de la "Fed" à Washington. Photo: Andrew Harrer/Bloomberg  - 

Les investisseurs en quête de signes tangibles annonçant un QE3 (troisième round d’assouplissement quantitatif), sous une forme «stérilisée» ou sous une autre, en sont pour leurs frais. Dans les «minutes» de sa réunion du 13 mars, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed met ce scénario à distance. «Un certain nombre de membres ont estimé que la mise en œuvre d’un stimulus supplémentaire pourrait devenir nécessaire si l'économie perdait de la vigueur ou si l’inflation paraissait devoir rester sous les 2%», indique le document publié hier soir. Lors de leur précédente réunion, en janvier, les responsables de la politique monétaire avaient déclaré que les conditions économiques de l'époque «pouvaient justifier la mise en œuvre d’achats supplémentaires d’actifs d’ici peu».

L’approche plus neutre du FOMC reflète la prise en compte d’un environnement moins hostile. Les conditions sur le marché de l’emploi se sont encore améliorées, même si le taux de chômage reste à un niveau élevé, et les opérations de refinancement exceptionnelles menées en Europe ont réduit les risques à court terme. Cela étant, le FOMC se veut prudent et note que des facteurs d’incertitudes persistent, dont le marché immobilier toujours morose. Dans ce contexte fluctuant, le FOMC rappelle que son engagement à maintenir les taux à un niveau proche de zéro au moins jusqu'à fin 2014 dépend des conditions économiques. Ses membres ont donc corroboré le fait que la date donnée dans le communiqué pourrait être révisée en réaction à des changements conjoncturels significatifs.

«Je pense que les minutes dans leur ensemble sont davantage en cohérence avec le communiqué du FOMC que peut-être certaines remarques de Ben Bernanke qui ont suivi la réunion», a commenté Vassili Serebriakov, stratège change chez Wells Fargo. La semaine dernière encore, le président de la Fed tenait un discours particulièrement souple, qui a pu entretenir les espoirs d’un QE3. Le positionnement du FOMC, révélé par les «minutes», a pesé hier soir sur les marchés actions - le Dow Jones cédant 0,49% et le Nasdaq abandonnant 0,20% - tandis que le dollar montait et que le rendement du T-Bond à 10 ans s’appréciait de 10 points de base à 2,27%.

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