La Fed mobilise son arsenal pour redresser l’économie américaine
La tonalité accommodante du discours de la Fed ces dernières semaines, que ce soit dans les minutes du dernier FOMC ou lors du symposium de Jackson Hole, a fini par se traduire dans les faits. Réuni pour deux jours à Washington, le Comité de politique monétaire a décidé de passer à l’offensive. Par onze voix contre une, les responsables de la politique monétaire américaine ont pris deux mesures fortes saluées par les marchés américains.
La première est celle d’un troisième round d’assouplissement quantitatif (QE3). Cet effort se traduira par le rachat mensuel de 40 milliards de dollars de titres hypothécaires émis par les agences de refinancement (MBS). Il sera évolutif puisqu’aucune date limite n’a été fixée pour ce programme. En tenant compte de la poursuite jusqu’à la fin de l’année de l’opération «Twist», qui consiste à rallonger la maturité moyenne du portefeuille de titres, et du maintien du réinvestissement des tombées du portefeuille de MBS, la Fed chiffre à 85 milliards de dollars par mois l’accroissement de son portefeuille de titres de long terme jusqu’à la fin 2012.
La seconde mesure forte est une prolongation de la «forward guidance», c’est-à-dire l’engagement de maintenir les taux directeurs à un niveau proche zéro. Fixé jusqu’alors à fin 2014, l’horizon est repoussé à «au moins mi-2015». Dans son communiqué, le FOMC se montre également plus transparent sur ses intentions, plaçant le chômage au cœur de ses préoccupations. Il annonce que l’assouplissement quantitatif se poursuivra si «les perspectives du marché de l’emploi ne s’améliorent pas significativement». Le programme annoncé hier a donc une date limite théorique (fin 2012) «appelée à être retardée», souligne-t-on chez BNP Paribas. Le Comité va même jusqu’à souligner qu’«une vision fortement accommodante de la politique monétaire restera justifiée pendant une période importante après le renforcement de la reprise économique».
«Nous ne sommes pas capables de soutenir des achats jusqu’à ce que nous soyons pleinement revenus au plein emploi (entre 5,2 et 6%, ndlr), ce n’est pas l’objectif», a tempéré Ben Bernanke lors d’une conférence de presse. «L’idée est d’accélérer la reprise pour aider l’économie à amorcer une croissance assez rapide pour créer de nouveaux emplois et réduire le taux de chômage».
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