La Fed évoque une possible «clarification» de sa forward guidance

La communication pourrait être ajustée afin de souligner plus précisément la dépendance de l'évolution des taux aux données économiques
Antoine Duroyon

La forward guidance, qui vise à tracer une orientation prospective des taux, donne du fil à retordre à la Fed. Si des voix s'élèvent au sein du Comité de politique monétaire (FOMC) pour juger que la formulation actuelle «période considérable» (relative au maintien des taux à un niveau proche de zéro après la fin du programme d’assouplissement quantitatif) est beaucoup trop inflexible et engageante, d’autres s’inquiètent du fait que toute modification «pourrait être interprétée à tort comme le signal d’une évolution fondamentale du biais de la politique monétaire qui pourrait se traduire par un durcissement non désiré des conditions financières».

Selon les minutes de la réunion du FOMC de septembre, au cours de laquelle a été validé le statu quo en matière de communication, la plupart des participants «ont indiqué une préférence pour une clarification de la dépendance de la forward guidance actuelle aux données économiques». Cette notion de dépendance du language aux variables économiques a été largement soulignée par la présidente de la Fed lors de la conférence de presse qui a suivi la dernière réunion du FOMC, rappellent dans une note les économistes de BNP Paribas. Janet Yellen a ainsi rejeté l’idée selon laquelle la formule «période considérable» est assortie d’une définition mécanique précise.

Cette demande de clarification pourrait déboucher sur des ajustements ciblés en matière de communication, soulignant donc le lien étroit entre le calendrier et le ryhtme de remontée des taux et l'évolution des données économiques. La Fed détient un double mandat : promotion du plein emploi et stabilité des prix. Si pour le premier point, quelques participants seulement évoquent encore une «sous-utilisation importante» des capacités du marché du travail, les minutes du FOMC mentionnent pour le deuxième la récente hausse du dollar.

«Certains participants ont exprimé leur inquiétude quant au fait qu’une pénurie persistance de croissance économique et d’inflation en zone euro pourrait mener à une appréciation supplémentaire du dollar et avoir des effets adverses sur le secteur extérieur américain». Un contexte qui contient le taux d’inflation, en dessous de son objectif de 2% depuis plus de deux ans, et ne plaide pas en faveur d’une remontée rapide des taux.

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