La Fed envisage le «reverse repo» comme une alternative au Twist
La Réserve fédérale peaufine les outils qu’elle pourrait utiliser si nécessaire en cas de nouveau ralentissement de l'économie, avec une contrainte supplémentaire. Elle souhaite éviter toute montée de l’indice des prix et lever les craintes des investisseurs sur l'évolution de l’inflation. Dans ce contexte, elle pourrait opter pour une nouvelle forme d’action non conventionnelle. Après les deux phases de rachats d’actifs non stérilisés (quantitative easing), puis l’opération Twist qui consistait à vendre des titres courts et acheter des titres longs, sans création monétaire, la Fed réfléchit au lancement d’opérations de «reverse repo» qui lui permettraient de drainer les liquidités injectées, indique le Wall Street Journal.
Dans le cadre de ses programmes d’assouplissement quantitatif, la banque centrale a déjà diffusé 1.600 milliards de dollars de liquidités nouvelles dans le système financier. Dans ce nouveau programme, la Fed achèterait des emprunts d’Etat ou hypothécaires à long terme auprès de banques et d’investisseurs. Elle emprunterait ensuite ces liquidités aux investisseurs et leur prêterait les titres en échange, sur une période courte. La BCE mène déjà des opérations d’enchères inversées pour stériliser ses opérations d’achat de de dette souveraine.
La Fed de New York et le conseil de la Réserve Fédérale à Washington pèsent actuellement le pour et le contre des différentes approches, nouvelles ou existantes (QE ou Twist) afin d'être prêts à agir. La dernière mesure non conventionnelle de la Fed, l’opération Twist, prend fin le 30 juin. L’idée du reverse repo n’est pas nouvelle pour la Fed de New York. Depuis 2010, elle teste le système avec les spécialistes en valeurs du Trésor américain et une vingtaine de grands fonds monétaires qui jouent le rôle de contrepartie.
Les conséquences sur les marchés d’un tel programme seraient mitigées. Il pourrait en effet se traduire par une remontée des taux sur le marché à court terme du repo, au-delà de la référence de la Fed à 0,25%. Sur le marché des changes, il se traduirait indirectement par une baisse du dollar d’après les stratégistes change de BNP Paribas, en raison de l’impact que les achats d’obligations ont sur les rendements et sur les spreads. Toutefois, le mouvement serait moins marqué qu’en cas de pur assouplissement quantitatif.
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