« La Fed devrait baisser ses taux de 50 points de base en janvier »

explique Philippe Weber, responsable études et stratégie chez CPR AM
Propos recueillis par Tân Le Quang

L’Agefi : Une baisse de 50 points de base lors de la prochaine réunion de la Fed est-elle d’ores et déjà acquise ?

Philippe Weber : Pour ainsi dire, oui. Le marché immobilier est toujours en chute libre et la refixation, en 2008, du taux pour de nombreux crédits révisables va encore le fragiliser. Les défauts et les saisies se multiplient et on observe une première contagion aux autres secteurs : le chômage a commencé à remonter, la confiance des ménages et certaines enquêtes dans l’industrie reculent vivement. Les ventes de décembre ont été médiocres. C’est ce qui a conduit Ben Bernanke à annoncer aussi nettement que possible une baisse «significative» des taux. Nous pensions de toutes façons que la banque centrale devait le faire (au moins jusqu’à 3,50 %), nous le pensons encore plus encore, en commençant par 50 points de base en janvier. Quant aux tensions inflationnistes, elles ne sont pas nulles, mais s’apaiseront d’elles-mêmes avec le ralentissement économique.

CPR AM table sur un assouplissement des conditions de crédit au Royaume-Uni de 75 pb d’ici à six mois. Pour quelles raisons ?

Un peu pour les mêmes raisons. Le Royaume-Uni est sans doute le pays où le logement est le plus important dans le cycle économique. Les ménages sont encore plus endettés qu’aux Etats-Unis, et, si on trouve moins de formes «exotiques» de crédit, presque tous les emprunts sont à taux variable. La sensibilité de l’économie aux taux courts est de ce fait particulièrement élevée. Le retournement de l’immobilier a commencé : il semble inévitable que la Banque d’Angleterre essaie de freiner le mouvement – sauf si une trop forte baisse de la livre l’en empêche, mais ce n’est pas notre scénario.

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