La Fed débat encore d’un «QE3» pour relancer le marché immobilier

Plusieurs membres ont multiplié les appels à une relance de l’immobilier qui pourrait s’accompagner d’un nouveau programme d’assouplissement
Patrick Aussannaire

La lenteur de la reprise américaine relance l’éventualité d’un «QE3». S’appuyant sur le fait que «l’inflation restera sous son objectif pour une période prolongée» et que «le chômage sera au-dessus d’une estimation raisonnable de taux de chômage naturel, plus proche de 6,5% que des 8,5% que nous connaissons actuellement», le président de la Fed de San Francisco estime dans un entretien au Wall Street Journal que la Réserve fédérale pourrait devoir lancer un nouveau programme d’assouplissement quantitatif. John Williams anticipe un retour de l’inflation à 1,5% en 2012 et 2013 (contre 4% en 2011) et une croissance à 2,25% en 2012 et 3% en 2013, un rythme insuffisant pour ramener le taux de chômage sous les 8% d’ici fin 2012.

Autre motif d’intervention: l’atonie du marché immobilier qui a fait l’objet d’un livre blanc publié jeudi dernier par la Fed exhortant Washington à mettre en œuvre des réformes visant à relancer la construction de logements. Le président de la Fed de New York, William Dudley, prônait vendredi une baisse du nominal sur les prêts hypothécaires octroyés par Fannie Mae et Freddie Mac pour les ménages dont les dettes dépassent la valeur de leur bien.

Sarah Bloom Raskin, membre de la Fed, s’est pour sa part prononcée en faveur d’amendes contre des prêteurs impliqués dans des saisies irrégulières. Elizabeth Duke, membre permanent de la Fed rappelait que «le marché immobilier a montré peu de signes d’amélioration jusqu’à présent», contrastant avec «l’importance du rôle qu’a joué historiquement le secteur immobilier dans la propagation de la reprise».

Eric Rosengren, président de la Fed de Boston, s’est même dit favorable à soutien supplémentaire de la Fed par le biais de nouveaux rachats de titres adossés à des prêts hypothécaires qui permettraient «une reprise plus rapide de l’immobilier, en réduisant les coûts du refinancement ou de l’achat de nouveaux logements». «Le rétablissement du marché du logement doit être partie intégrante d’une stratégie d’ensemble en faveur de la reprise économique» écrivait récemment Ben Bernanke. La Fed estime la baisse des prix immobiliers depuis 2006 à 33%, soit une perte de richesse pour les ménages de 7.000 milliards de dollars. La banque centrale irait ainsi au-delà de l’opération «Twist», qui a fait revenir les taux hypothécaires à 30 ans de 4,77% il y a un an à 3,91%, en augmentant la taille de son portefeuille obligataire.

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