La Fed avance à pas mesurés vers le processus de normalisation monétaire
La Réserve fédérale envisage sérieusement de lever une barrière pour déclencher la hausse des taux courts dès le mois de juin en retirant sa promesse d’être ‘patient’ avant d’agir». Tel est le message véhiculé dans le Wall Street Journal par Jon Hilsenrath, messager de la Fed, une semaine avant la prochaine réunion du FOMC mardi et mercredi prochains. «A quelques exceptions près, les membres du FOMC annoncent depuis six mois une première hausse des taux directeurs mi-2015», indique Aurel BGC.
Une vision qui converge ainsi vers celle du consensus qui prévoit un premier geste dès juin. SG CIB ajoute en outre que le rebond de ses derniers indicateurs avancés de conjoncture aux Etats-Unis comme dans le reste du monde (et notamment en Europe) «ne justifient plus la patience de la Fed».
Le rapport sur l’emploi publié vendredi mettant en lumière une baisse du taux de chômage à 5,5%, un niveau désormais revenu sur la borne haute de l’estimation du taux de plein emploi («NAIRU») calculé par les membres du FOMC, a conduit à un aplatissement du spread 2/10 ans de 11 pb. Le rendement des Treasuries à 2 ans s’est tendu de 26 pb à 0,67% depuis ses plus bas de janvier sur le 2 ans, et 44 pb à 2,08% sur le 10 ans, mais reste sur des niveaux historiquement faibles. «La Fed est coincée entre l’envie de la plupart des membres du FOMC de commencer à normaliser rapidement la politique monétaire pour éviter de paraître «en retard» sur d’éventuelles tensions inflationnistes en construction, et la volonté de ne pas provoquer de forts mouvements sur le marché obligataire», explique Aurel BGC.
Cette ambivalence, avec le reflux, certes jugé temporaire, de l’inflation bien en deçà de son objectif de 2%, pèse fortement sur les anticipations de marché qui restent très prudentes sur le début et le rythme du processus de normalisation monétaire. Les contrats Fed funds n’anticipent en effet pas de hausse des taux avant septembre, voire fin 2015, avec une probabilité de seulement 21% pour qu’elle intervienne dès juin.
L’absence de réponse des salaires à la baisse du chômage, avec un ralentissement de leur rythme de progression sur un an de 2,2% à 2% en février, «pourrait suggérer qu’il reste des capacités excédentaires («slack») sur le marché du travail qui mettent des pressions à la baisse sur les salaires ou une rupture (du moins temporaire) entre salaire et taux de chômage», explique Natixis.
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