La Fed affûte ses outils de retour à la normalisation monétaire
La Fed va étendre son programme de facilité de dépôts, et cherche parallèlement des alternatives aux taux Fed funds pour piloter les taux courts
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Patrick Aussannaire
La Fed se prépare à gérer la fin de sa politique monétaire accommodante. L’autorité américaine conduira à partir de lundi une série de huit opérations hebdomadaires de dépôts à sept jours dans le cadre de son programme de facilité de dépôts. Le montant adjugé sera porté à 10 milliards de dollars, avec un rendement offert qui passera de 0,26% à 0,30%. «Ces opérations sont destinées à s’assurer que le programme soit opérationnel, et à fournir aux institutions éligibles l’opportunité de se familiariser avec les procédures de dépôts à terme», a expliqué la Fed.
Dans le même temps, le programme test de «reverse repo» (RRP) lancé en septembre par la Fed de New York a connu un franc succès. Avec un montant maximum autorisé de 10 milliards de dollars par contrepartie pour un rendement de 0,05%, la demande moyenne quotidienne a atteint 89 milliards. Cela traduit «un besoin de liquidité accru sur les maturités longues, la Fed détenant près de la moitié du marché sur les maturités supérieures à 10 ans», estime Natixis AM.
Ces opérations permettent de lisser la baisse des liquidités excédentaires avant un premier resserrement des taux directeurs attendu d’ici à juin 2015, mais elles pourraient ensuite devenir un outil permanent de politique monétaire, a indiqué Janet Yellen la semaine dernière devant le Sénat. La hausse du taux d’intérêt sur les réserves excédentaires (Iofer), actuellement à 0,25%, est également à l’étude. Cet instrument permettrait de fixer un taux plafond sur les taux courts, alors que le RRP fixerait un taux plancher, estime Nomura qui ajoute que le spread entre les deux taux constituera le principal défi de la Fed.
Le président de la Fed de Dallas, Richard Fisher, a considéré que le taux des Fed Funds, principal outil actuel de politique monétaire, «ne sera bientôt plus adapté». «Avec l’assèchement de la base monétaire de court terme et la surliquidité massive, les banques n’ont plus besoin d’avoir recours au marché interbancaire pour la gestion des réserves obligatoires (RO)», explique Barclays. Les rachats d’actifs de la Fed ont propulsé les réserves des banques à 2.660 milliards de dollars, soit 34 fois le montant de leurs RO. Le montant d’intérêts payés par la Fed sur ces réserves pourrait atteindre 6,7 milliards de dollars cette année. «La Fed est prête à payer ce prix, et quand on considère ce qu’elle gagne sur son bilan, ces intérêts sont relativement faibles», relativise JPMorgan.
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