La Fed abaisse le seuil de déclenchement d’un nouvel assouplissement quantitatif
La Réserve fédérale va continuer d’agir sur tous les fronts pour soutenir l'économie américaine. Le 24 janvier, elle a indiqué que ses taux directeurs resteraient très bas au moins jusqu'à fin 2014. Ben Bernanke a par ailleurs précisé les conditions dans lesquelles la Fed pourrait se lancer dans un nouveau plan d’assouplissement quantitatif (QE). La reprise des achats de titres «est encore sur la table», a-t-il admis. La Fed est «prête à ajuster» son portefeuille pour promouvoir une reprise économique plus forte, d’après le communiqué de mardi dernier.
Concrètement, le seuil de déclenchement du QE3 apparaît plus bas que le marché ne le croyait. Il s’agirait d’une «absence d’accélération durable de la croissance à un rythme au-dessus de la tendance plutôt qu’un ralentissement ou une récession», analyse Julia Coronado, économiste chez BNP Paribas. Après ces déclarations de la Réserve fédérale, la probabilité d’une troisième phase d’assouplissement quantitatif augmente. Son lancement dépendra de l'évolution de l’activité américaine cette année.
La Fed a abaissé mardi sa prévision de croissance pour 2012 de 2,5-2,9 % à 2,2-2,7 %, mais ce niveau est toujours «en ligne avec son estimation de la croissance potentielle, indique Aneta Markowska, économiste chez Société Générale. Par conséquent, toute nouvelle révision à la baisse de la perspective de croissance pour cette année sera probablement perçue comme une justification de l’assouplissement quantitatif». Pour Julia Coronado, les minutes de la réunion de janvier révéleront sûrement que certains membres du comité de la Fed ont déjà défendu l’idée d’un QE3. «Nous continuons d’anticiper l’annonce d’un programme d’achats de MBS (titres adossés à des prêts hypothécaires) lors de la réunion d’avril», indique-t-elle.
Avec sa panoplie de mesures toujours actives, la Fed assure un environnement de taux bas pendant une période prolongée. Le marché s’attend à présent à ce que les Fed funds ressortent à 0,6% en décembre 2014, contre 0,75% avant la réunion de la banque centrale. L’ensemble de la courbe des taux devrait également rester basse si l’on se base sur la corrélation observée entre les rendements courts et longs des obligations d’Etat américaines depuis 1920, d’après les données publiées par Natixis AM.
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