La faiblesse des prix s’accentue en zone euro

La baisse de l’inflation globale à 0,3% au mois de septembre s’est accompagnée d’un ralentissement de l’indice sous-jacent à seulement 0,7%
Patrick Aussannaire

La déflation guette la zone euro malgré les mesures exceptionnelles déjà prises par la BCE. L’inflation en zone euro a une nouvelle fois reculé en septembre pour tomber à seulement 0,3%, son plus faible niveau depuis octobre 2009. La surprise la plus inquiétante est provenue de la baisse de l’inflation sous-jacente de 0,2 point sur un mois à 0,7% due au ralentissement des prix des biens à 0,1% et des services à 1,1%.

Si le détail par pays n’a pas été fourni, l’inflation allemande s’est maintenue à 0,8%, alors que l’Italie affiche un indice des prix négatif de 0,2% ainsi que l’Espagne, malgré un léger rebond à -0,3%. HSBC prévoit un ralentissement de l’inflation en France, tombée à 0,4% en août et qui pourrait même être déjà entrée en territoire négatif en excluant l’impact de la hausse du taux de TVA, selon SG CIB.

Malgré un rebond attendu du prix des biens dû à la dépréciation de l’euro qui devrait se poursuivre, la faiblesse de la demande et l’impact négatif des réformes du marché du travail sur les salaires devraient alimenter le ralentissement de la hausse des prix des services, selon HSBC qui table sur une inflation sous-jacente autour de 0,8% dans les prochains mois avant une reprise de la trajectoire baissière début 2015. De son côté, BNP Paribas anticipe un niveau d’inflation qui chute à un plus bas de 0,6% en novembre et reste sous le seuil de 1% sur 2015, avec un léger rebond à 1,1% en 2016. Des prévisions inférieures à celles formulées en septembre par la BCE, alors que le taux d’inflation à 5 ans anticipé dans 5 ans est passé sous les 2% et proche de son plus bas historique.

«La circulation de monnaie est inférieure d’environ 10% (1.000 milliards d’euros) à sa moyenne de long terme, soulignant la transmission des risques désinflationnistes à un horizon de moyen et long terme», précise BNP Paribas. Ce qui justifie l’augmentation de la taille du bilan évoquée par Mario Draghi. Si les économistes s’accordent sur le fait que les mesures annoncées (TLTRO, rachats d’ABS et covered bonds) ne suffisent pas pour atteindre cet objectif, des rachats de dettes souveraines complémentaires ne font pas l’unanimité.

CA CIB estime ainsi qu’il serait plus simple d’élargir les rachats d’actifs à d’autres types de dettes privées avec 5.000 milliards d’euros potentiellement éligibles, et d’assouplir davantage les conditions des TLTRO en jouant sur le coût, la maturité, le collatéral ou le pool de prêts éligibles.

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