La faiblesse de la consommation de mauvais augure pour les Etats-Unis
Après avoir battu son plein entre octobre 2008 et mars 2009, la contraction de l’activité aux Etats-Unis s’est modérée entre avril et juin. Le PIB au deuxième trimestre, publié vendredi, a reculé de 1 % après -6,4 % (révisé de -5,5 %) et -6,3 % lors des deux périodes précédentes. Ce repli que les économistes anticipaient à -1,5 %, associé au rebond de l’indice d’activité dans la région de Chicago à 43,4, son niveau de septembre, laisse présager un retour à la croissance au troisième trimestre, après sept trimestres de contraction.
Si les entreprises résistent mieux à la crise, les ménages ont plus de difficultés. Le repli de 1,2 % des dépenses à la consommation a surpris, les marchés ayant parié sur un tassement de -0,5 %. Exposé à des révisions, ce chiffre pourrait s’avérer plus fort. Alors que la contribution de +1,4 % de la composante consommation au premier trimestre a été abaissée à + 0,6 %, le bureau d’analyse économique du département du Commerce a révisé à la hausse, pour la période allant du quatrième trimestre 2007 à celui de 2008, la chute du PIB de -0,8 % à -1,9 %, ainsi que celle de la consommation de -1,5 % à -1,8 %.
A la lecture des données, l’indice S&P 500 stagnait sur ses niveaux de la veille. Les taux à 10 ans, eux, ont reflué de 10 pb en séance à 3,54 %. Pour UniCredit, « la réaction défensive des marches indique que les investisseurs regardent au-delà du rebond et se focalisent sur la durabilité du redressement. » Or, la fébrilité des consommateurs américains, qui pèsent pour 70 % de l'économie du pays, inquiète. La hausse du chômage et le désendettement, qui a fait grimper le taux d'épargne à un record depuis 1998 à 5,2 % au deuxième trimestre, sont de mauvais augure pour le profil de la reprise.
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