La faible inflation en zone euro contribue à tirer les rendements vers le bas
Le consensus attend aujourd’hui une hausse des prix limitée à 0,5% sur un an en juillet. En Espagne, la contraction a atteint 0,3%
Publié le
Alexandre Garabedian
Toujours plus bas. L’inflation en zone euro pour le mois de juillet devrait être publiée ce matin à 0,5% sur un an selon le consensus des économistes, mais certains, tel Citigroup, n’excluent pas que la statistique tombe jusqu’à 0,3%, sous l’effet de la baisse des prix alimentaires et de l’énergie.
Les chiffres dévoilés hier pour l’Espagne et l’Allemagne en donnent un avant-goût: les prix se sont contractés de 0,3% sur un an de l’autre côté des Pyrénées, et leur progression outre-Rhin est passée sous la barre des 1%, à 0,8%.
Le consensus des économistes, tout comme la BCE, prévoit que la tendance reparte à la hausse en fin d’année après avoir touché un point bas. D’autres analystes en sont moins sûrs. «La composante des anticipations de prix dans l’enquête de la Commission européenne sur le sentiment économique ne pointe pas vers une hausse soutenue à venir», rappelait hier Valentin Marinov, stratégiste chez Citigroup. Gizem Kara, chez BNP Paribas, évoque un risque de déflation élevé en zone euro au deuxième semestre en se basant sur un indice maison de vulnérabilité. «Parmi les quatre premières économies de la zone, les risques de déflation se sont accrus et demeurent les plus élevés en Espagne», souligne l’économiste.
Même si la BCE ne va pas annoncer à ce stade de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire après celles dévoilées en juin, cette «low-flation» pèse sur l’euro: la monnaie unique a brièvement cassé hier à la baisse la barre des 1,34 contre le dollar. Elle contribue aussi au rétrécissement des taux et des spreads souverains. Kit Juckes, stratégiste chez SG CIB, relève «la manière dont les rendements européens se sont découplés des emprunts d’Etat américains pour diminuer en raison de la stagnation économique, de la ‘low-flation’ et d’une création de crédit d’une faiblesse chronique». Le Bund traite à 1,12% à 10 ans, l’OAT à 1,50%, et le Bono espagnol à un plus bas historique de 2,45%.
Un autre facteur contribue aussi à ce violent mouvement de baisse des taux: la demande des banques pour les emprunts d’Etat afin de constituer les coussins d’actifs liquides imposés par la réglementation Bâle 3. Une demande qui devrait être facilitée par les injections ciblées de liquidités (T-LTRO) auxquelles la BCE procédera à partir de septembre et tous les trois mois.
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