La divergence des politiques monétaires affecte durablement la Zone Euro
Alors que les divergences sont de plus en plus claires entre les stratégies de la Réserve Fédérale et de la BCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques s’interroge sur les conséquences qu’elles provoquent.
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Benjamin Poyet
Flux actions entrants records avant la réunion de la Fed. Illustration: PHB
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Aux Etats-Unis et en Zone Euro, les banques centrales, respectivement la Réserve Fédérale et la Banque centrale européenne, ont adopté des mesures non-conventionnelles dès 2008 afin de lutter notamment contre le risque de déflation. Mais le calendrier de ces mesures et leur ampleur ont différé, ce qui a soumis la Zone Euro à des effets non négligeables, souligne l’OFCE.
La Fed a adopté très tôt une politique de Quantitative Easing. Elle est rentrée dès la fin de l’année 2015 dans une logique de « tapering », c’est-à-dire de réduction des achats des titres avec en perspective une remontée des taux d’intérêt. Pour sa part la BCE a mené une politique d’ampleur plus modérée dans un premier temps, son taux directeur ne passant pas en dessous de 1% avant fin 2013. Depuis 2014, la BCE a toutefois fixé son taux directeur près de 0% et s’est engagée dans des programmes d’achat de titres (PSPP, CSPP) et de refinancement (TLTRO I et II), allant ainsi plus loin que la Fed en matière d’assouplissement monétaire.
La divergence apparait donc pleinement depuis Mai 2014. Alors que la Fed reconsidère sa politique monétaire accomodante dans un contexte de consolidation de la croissance américaine, la BCE est contrainte de poursuivre sa politique ultra-accomodante dans une Europe en proie à un manque d’inflation.
Les canaux par lesquels ces politiques se transmettent à l'économie la Zone Euro sont de deux ordres. D’une part la politique monétaire plus restrictive aux Etats-Unis et accomodante en Europe entraine une baisse de l’euro par rapport au dollar. D’autre par le prix des actifs augmente sous l’effet des achats de la BCE. Si les objectifs d’amélioration de la compétitivité et de valorisation boursière peuvent se comprendre, les craintes de certains économistes portent toutefois sur les « débordements des politiques monétaires » et le risque de déstabiliser durablement les économies, notamment via la fuite des capitaux vers les Etats-Unis où les taux d’intérêt deviennent plus attractifs, préviennent les économistes de l’Ofce.
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